Journal de Marie Bashkirtseff

Demain, Vigier chantera "Faust", au Cercle de la Méditerranée.
Nous sortons avec maman en deux, il fait mauvais temps, gris et froid, j'ai un peu mal à la tête et je suis très inquiète de Nice. Ni lettres, ni dépêches. Que sont-ils tous devenus ?
Le soir nous leur télégraphions demandant l'explication de ce silence étrange. Et nous faisons des suppositions, et nous flottons entre la mort de quelqu'un, le mariage d'Audiffret, ou quelque chose de plus grave encore.
Quant à moi, je prie Dieu quand même et me couche triste et ennuyée après avoir copié, [au moins] deux lettres, l'une est celle où l'on retrouve l'âme, l'autre c'est l'ancien couronnement de la Rosière qui n'a pas été envoyée jusqu'à présent. Il n'y avait qu'à changer les dates, et j'ai fixé la cérémonie au 22 mai, jour du Saint-Emile et j'ai signé - Les citoyens de la ville de Nice et en dessous j'ai dessiné à l'encre les armes de Nice, un aigle couronné sur trois collines avec cette inscription: Nicae Civitas. [//]: # ( 2025-01-18T22:40:00 RSR: Entry extracted from book 7 raw carnet, lines 1094-1103. Brief entry about Vigier singing "Faust" at Cercle de la Méditerranée. Bad weather and continued anxiety about no letters from Nice. Telegram sent demanding explanation. Fears about death, marriage, or worse. Copying letters including "Rosière" ceremony document with Nice coat of arms. )