Journal de Marie Bashkirtseff

Nous avons recu nos photographies en Graces et en disgraces . C'est a mourir de rire !
Walitsky improvise des vers dont seul il est capable.
*Sur la Promenade Audiffret
[deux lignes illisibles]
Marie [?] lui [?] ayant achete sur la glace.... d'oie Emile lui cligne de l'oeil et elle enfonce de l'oie dans sa bouche
Les autres gars
[une ligne illisible]
sautent du... [?] un landau et la regardent
et la tante avance et fait la fiere
elle se rejouit, fait la fiere ceux qui regardent Marie l'appellent jolie.*
Aucune langue que la petite russienne ne peut exprimer les choses si nettement et si drolement !
Les Tcherkassky sont partis, d'abord pour Wiesbaden puis pour Petersbourg. Ils sont partis de chez nous.
[Quatre lignes cancellees]
Je vais a Schwalbach avec Machenka, maman et Dina suivent en caleche. La nous voyons Obeziana et son frere un garcon tres propre et gentil, ils me regardent beaucoup et restent tout le temps dans la galerie des boutiques tout pres de nous.
Nous allons aussi a la musique. J'aime beaucoup mon gentil Schwalbach.
J'ai dine a Nassauer Hof, l'hotel a la mode. J'y ai parle a la comtesse Benvenuti, femme aimable mais presque toujours grise. Misere de monde. Non, je vois qu'il faut renoncer a toute espece de recherche. Ennuyons-nous, ennuyons-nous, et restons tranquilles.
Sous nos fenetres est bien passe un etre humain le matin mais dans la journee j'ai perdu sa trace.
A la porte, Stiopa nous rencontre, il vient de recevoir une depeche de ma tante, l'avocat Plevasko l'attend a Paris et elle appelle Stiopa.
De nouveau nous parlons de chevaux et on ne m'irrite pas beaucoup, heureusement.