Journal de Marie Bashkirtseff

Nous dinons chez les Batourine. Un diner ravissant et du vin excellent, je n'ai pas beaucoup bu et cependant suis etourdie. Machenka va essayer sa robe et chez la couturiere, je me deshabille et bois beaucoup d'eau, mais ne parviens pas a me degriser entierement.
Stiopa et Walitsky restent chez les Batourine pendant que nous allons chez la couturiere. Vers sept heures, nous revenons et on passe le temps pleasantly enough, pour moi deliciously car Mme Batourine est une grande parleuse et ne parle que de son monde, du grand monde. Une chose assez singuliere hier soir pour m'endormir j'ai pense a une histoire avec Blackprince, je le nommais Pierre Wittgenstein.
Pourquoi Pierre ?
Eh bien, chez les Batourine je vois parmi les cartes de visite: le prince Emile Says de Wittgenstein. On parle des Wittgenstein et il se trouve que celui de Nice se nomme Pierre.
N'est-ce pas que c'est singulier ?
Le soir vient la comtesse Rudiger, cette vieille celebrite. Et bientot apres nous partons pour notre adorable Schlangenbad, a mon grand contentement car je ne suis pas entierement moi-meme. Ce maudit vin m'a obscurci la comprehension. Je me trouvais bien chez ces gens a cause de l'air comme j'aime qu'on y respire.