Sunday, 7 May 1882
Quite a number of visits yesterday — among the new faces, M. Rehmann and Prince Guido Pignatelli of Naples. I used to see him and his father every day on the Chiaia,1 clean-shaven and accompanied by an abbé. It seems the elder has three hundred thousand francs a year and the younger, Guido, five hundred thousand — he has inherited from the Duke of Monteleone. The incomparable Aurore, sweetbriar, vernal apparition, and so on and so forth! Vulgo,2 Mademoiselle Troubetskoy, whom Étincelle3 glorifies with such intensive publicity — she did not marry Pomar; she is plain but pleasant, and her mother, the eccentric Lise, is forever chasing matches for this Aurore who must be at least twenty-four. But I have no idea why I am telling you all this... There were Mme Gavini, Odette, Engelhardt; Messrs. Engelhardt de la Tour, Pignatelli, Rehmann, Bojidar, Alexis, young Faure, Filippini... who else? And this evening the Gavinis are taking me to the circus. A new dress of grey cashmere, a fold at the back held by a rhinestone4 buckle, as is done on trousers. In front, a blouse without seams but fitted by another buckle which draws the folds down to the lowest point of the waist — this buckle is a pin fastened to the corset itself, so that all these folds never shift and the waist is very slender without a belt. These are my own inventions; my dresses get copied, but the others cannot carry it off.# Dimanche 7 mai 1882
— Mademoiselle viendra vous voir vers cnq heures, on nous en commandera une douzaine de ces robes... Seulement... Car personne n'a le chic de Mademoiselle.
Seulement j'attendrai : pour les aller voir autrement toutes ces femmes qui dépensent cinquante ou soixante mille francs par an et les cocottes auront la même robe. Moi je ne dépense pas beaucoup, peut-être huit mille francs par an, pas plus chez Doucet.
Mais je parlais du cirque, oui, j'ai un chapeau gris aussi ravissant de distinction. Après on va chez Imoda prendre des glaces, Géry est avec nous puis la comtesse Walewska, femme de l'ancien ministre qui a épousé le petit Alessandro. Elle a soixante ans et lui trente-deux... A propos de ménage assorti il y a celui de Mme de Marcilly et de Janvier... Comme Adeline disait qu'elle avait l'air d'une vieille ruine j'ai nommé Janvier son conservateur. Du reste avec Adeline on peut rire quelquefois, c'est le père Gavini qui est insupportable.
Oh ! hier au cirque ce n'etait encore rien, mais voilà que nous allons voir l'exposition de Courbet puis au Bois ! A l'exposition j'y reste deux minutes car cet affreux Corse me torturait avec ses remarques prétentieuses et sottes sur les peintures et au Bois ! Non je suis vraiment à plaindre et l'être sensible à toutes ces misères. Cet homme qui me poussait le coude chaque fois pour faire des observations bêtes sur les passants et la conversation de maman ! D'abord ça était que Napoléon III a beaucoup fait pour les embellissements de Paris, et comme il passait des voitures, beaucoup de voitures avec beaucoup d'enfants, elle en a trouvé jolis quelques uns en ajoutant que ces enfants sont jolis, c'est que voyez-vous il y a des enfants qui ne sont pas jolis mais ces enfants-là sont de jolis enfants. Et j'avais encore dans les oreilles Gavini qui disait devant les Courbet que ce n'était pas empoté !