Monday, 26 September 1881
[Note: The entry itself is headed "Mardi 2.7 septembre 1881" — a date discrepancy in the original manuscript.] Tuesday, 27 September 1881 One goes to bed late, one sleeps until ten o'clock. Miserable evenings — half at the hotel drawing room, half at the Casino, for I have decided to go there all the same. All of this in the company of the Karaouleffs and an Englishman, and then a very young, very young little Russian. [Words blacked out: A gentleman and his wife recently arrived from] Marseille — very proper, with three ravishing children; but she has left yesterday, taking with her the caricature of an old fairy who lives here, which I made in duplicate for her. Yesterday in Bayonne, as a family; today at Fontarabía,1 and the family again — I never go out without the Karaouleffs. I wanted to go on horseback, but the bodice of my riding habit fits so badly — and besides it would be annoying to travel with this Karaouleff whom I do not know and who is tiresome. His wife is very beautiful but not of the best sort, and one does not seem to pay enough attention to the child, and these people sometimes get on my nerves… Fontarabía is charming; Biarritz is so common, so clumsy in its very banal beauty that one is glad to escape it. And immediately, there at the little port, begging children — one could easily make a painting of them. Only I want to see Spain first, and if I don't find anything better there I shall return by way of Fontarabía… I played — there is a roulette table — but having lost forty francs I made sketches instead. It is a little lost corner; I hope no one saw me gambling, besides… Oh! Those three hours in a carriage listening to that lady recount her nonsense — which didn't even have the charm of society gossip!… Ah! What have I done to heaven to be like this. Why can I not eat the poor hotel cooking that blood princesses eat; why can I not bear the intellectual poverty that surrounds me! Certainly I no doubt get only what I deserve — if I deserved better, God… and besides, if I were truly so superior I would know how to… Ah! Funereal banality.# Lundi 26 septembre 1881
Des imbeciles qui ne sont pas gens du monde. Oh ! alors ! O reves de mon enfance, o esperances divines ! ... Ah ! s'il y a un Dieu il m'abandonne [illisible] c'est une souffrance presque {illisble, une imagimation...] ces gens-la me froissent, m'agacent, m'ennuient quand ils ne me font pas pleurer. Aussi je ne suis un peu tranquille que dans mon sepulcre de Paris, en voyage on se voit tout le temps et c'est insupportable. Ce n'est pas que mes meres soient communes ou qu'elles se tiennent mal; quand il n'y a pas d'etrangers elles sont mes meres; elles sont meme comme il faut. [Mots noircis: Mais des qu'il y a] des etrangers maman posee devient affectee dans sa prononciation, d'une facon qui a le don de m'exasperer. Elle me parle sachant que des Russes ecoutent et alors c'est si different de sa maniere enfin que cela me cause je ne sais quelle souffrance de ridicule, d'affectation... de petitesse horrible. C'est un peu ma faute, je leur reproche toujours de ne connaitre personne et je leur dis des choses humiliantes pour les pousser a faire quelque chose... Mais ca ne fait que leur donner cette attitude piteuse... Et quand l'occasion s'en presente elles montent sur leurs grands chevaux et parlent fort pour etre entendues des autres Russes, et toujours pour se vanter et appuyer sur un tas de grandeurs imaginaires, si c'etait fait avec adresse je ne dirais rien... Mais c'est enfantin... Je me plains toujours des miens... mais je les aime, mais je suis juste. Et encore je les aime ? Si elles m'etaient etrangeres telles qu'elles sont les aimerais-je ? Non, sans doute. Outre la grise il faut citer la robe blanche qui a eu un egal succes: Robe Louis XV, en mousseline brodee de petites fleurs, blanc sur blanc, corsage a pointe comme le gris, ouvert en carre; guimpe montante avec ruche autour de laquelle un velours noir serre. Chapeau double de velours noir a plumes blanches. La jupe toute en volants de dentelle devant puisque la tunique, cela est evident, cousue froncee au corsage s'ouvre pour se relever en paniers bien que par deux points tres en arriere. Tout le monde elegant demande l'adresse de la couturiere a Rosalie, donc gloire a Doucet. J'avais fait cette depense de coquetterie pour Soria, nous avons cause deux fois sur la plage et je ferai son portrait. Soria est le celebre chanteur amateur et marchand de vins (a Bordeaux) en France, se faisant payer a l'etranger. Il chante comme un ange... qui aurait une tete biblique de toute beaute, barbe noire, yeux splendides, enfin c'est l'ideal de la beaute biblique. Un teint olivatre et pas de cheveux, rien qu'une couronne. Il est grand, enfin on en ferait un portrait de caractere
epatant... Nous nous retrouverons probablement a Madrid... Figurez-vous que j'ai pris en horreur M. Karaouleff, comme Bruschetti. C'est etrange ces antipathies maladives, je croyais que Bruschetti et l'autre c'etait parce qu'ils etaient amoureux de moi eh bien non, c'est sans cause comme vous voyez. Au point que je ne descends pas pour ne pas le rencontrer. Il n'y a que la vieille fee que nous connaissons de comme il faut, elle est russe et a ete mariee au marquis de Montezemolo, le dernier prefet italien de Nice. Une vieille caricature, je n'ai pres[que] pas exagere sur la feuille qu'a emportee Mme Theolog.