Thursday, 16 June 1881
Yesterday morning we went to Poltava (by that terrible hill — I rode back alone with a manservant walking before the horses, Michel and Paul at archbishop's pace — to return around midnight). My father presided over the municipal council; in the interval some twenty people were presented to me; then dinner in the Public Garden, the same one where I dined five years ago, with the same Michel, etc. Then we went to the shooting range in the garden. Do you kno—Hier matin nous sommes allés à Poltava (par cette terrible montagne, je suis rentrée seule avec un domestique marchant devant les chevaux, Michel et Paul par train d'archevêque {sic} pour revenir vers minuit. Mon père présidait le conseil municipal, dans l'entracte on m'en a présenté une vingtaine, puis dîner au Jardin Public, là même où j'ai dîné il y a cinq ans, avec le même Michel etc. Puis nous sommes ailés au tir qui est au jardin. Savez-
vous que je tire très bien, sans m'exercer jamais. Femme étonnante. Puis promenade dans les rues désertes, stations chez la sœur de Nini, dans la maison d'Alexandre; puis manger des fraises à l'hôtel. Dina, Lola et leur mère arrivent, nous causons jusqu'à près de dix heures. Puis Paul et sa femme en coupé, maman, moi et Micha en calèche rentrons chez nous. Monsieur Bashkirseff me voyant un peu égayée voulait que je reste encore un peu d'abord parce qu'il devait présider le lendemain et puis avec l'espoir je crois de me mener chez les Abaza, mais vous voyez d'ici comme ça m'amuserait.
Aujourd'hui je travaille, seconde journée, mais il pleut dix fois par jour et nous nous cachons dans le pavillon à chaque averse, on range la toile, le chevalet, puis de nouveau le soleil. Saint Amand m'écrit.
Ce qui est bon ici c'est qu'il y a une multitude de domestiques et que tout se fait par magie.