Sunday, 11 April 1880
Dimanche 11 avril 1880
Je vais porter des fraises à Mme Gavini et j'y trouve Chaudordy, Valentine et Las Cases.
Las Cases est aimable. Le paternel Chaudordy l'appelle mon petit frère mais Valentine à l'œil et n'aime pas qu'on touche à son marquis. J'ai dessiné Soutzo ce matin, je lui fais un petit portrait. A midi Anna Nordgren est arrivée et a fini mon portrait de l'année passée. Elle signe, me le dédie et me le donne. Ce n'est pas très ressemblant, c'est petit et gros, surtout la joue; je suis en costume de travail, paletot d'alpaga noir et jabot blanc et le ruban de la légion d'honneur... comme elle voulait signer en bas le pinceau fit une tache rouge à la boutonnière, nous l'avons laissée et elle a signé en haut de la toile. Je suis de profil, l'air très résolu et ce ruban donne un air très singulier.
Soutzo m'envoie des fraises miraculeuses et trois petits pots de crème. Ces attentions me touchent presque. Il part bientôt pour Londres où il espère obtenir un poste de secrétaire d'Ambassade. Mais zut.
Puis chez Mouzay qui nous fait inviter chez une Mme Oger de Briare qui donne jeudi prochain un bal costumé.
Nous avons été chez Mme de Bailleul qui se remarie décidément avec le comte de Girardin, membre du Jockey, parfait comme famille et alliances, 20.000 francs de rente et 52 ans. Elle avoue quarante-cinq ans et possède la même fortune.
Chez elle je fais connaissance de Mme d'Audiffret, la belle- mère de l'illustre Emile d'Audiffret et de ses filles Marie et Dolorès.
Ô Surprenant Emile !