Diary of Marie Bashkirtseff

# Lundi 19 mai 1879

I went into Julian's confessional to ask him to change the composition model — Saturday afternoons at four do not suit me; and I would have taken care not to ask in front of everyone, for if he agreed they would cry ... n[é]ipostime — the word is imprecise, I have no time for it. So I went in and stayed nearly two hours, which seems fabulous; to begin with he launched into getting me worked up to do more work, saying that if I had any blood in my veins I would begin next year. And then I spoke of models, saying of one gentleman: he is tall, dark, very handsome.

Je suis entrée dans le confessionnal de Julian pour lui demander qu'il change l'homme des compositions, samedi quatre heures ne me convenant pas; et je me serais bien gardée de le demander devant tout le monde, s'il l'accordait on crierait au ... n[é]ipostime , le terme est impropre, j'ai pas le temps. Donc, je suis entrée et restée près de deux heures, cela paraît fabuleux; d'abord il a commencé par me monter la tête pour que je travaille davantage, disant que si j'avais du sang dans les veines je *commencerai* l'année prochaine. Et puis j'ai parlé de modèles en disant d'un monsieur: il est grand, noir, très beau.

— Always the same type then! And on this... Julian had (spied on me) and read in my... as in a book during the Bonapartist period — it was not difficult, and besides I have the praiseworthy habit of letting everything be guessed and of making one suspect things that do not exist. In short, I thought it better to tell the story. I told only the truth in saying that I had lived on friendship, that I had thought him a knight of the Middle Ages, and that it was only in the face of his last trick that I had perhaps thought otherwise and had my head turned. That is more plausible. Then I recounted the five women, to give an idea of what terms we were on.

— Toujours le même type alors ! Et là-dessus... Julian m'a (espionnée) et a lu dans mon... comme dans un livre pendant l'époque *bonapartiste,* ce n'était pas difficile et puis j'ai la louable habitude de faire tout deviner et de faire soupçonner des choses qui n'existent pas. Bref, j'ai pensé qu'il valait mieux raconter les choses. Je n'ai dit que la vérité en disant que je vivais d'amitié et que je le pensais un preux du Moyen-Age, et que ce n'est qu'en face de sa dernière farce que j'ai peut-être pensé autrement et eus la tête montée. C'est plus vraisemblable. Puis j'ai raconté les cinq femmes pour faire comprendre en quels termes nous étions.

Old Julian imagines that this man is my master forever, that this first love is indelible, and that however worldly-wise I may be, he duped me — along with a heap of other ideas that may be just. I explained above all that he came looking for a dowry, and that I had been thinking of things in a Don Quixote fashion. And as that Jew Julian1 continued to paint for me the agitation that had so powerfully affected my work, I gave him my word that nothing more had occurred, and that it all ended with a letter conceived as follows: "At first I had thought that you were not for sale; then I decided you merely cost more."

Le père Julian s'imagine que cet homme est à jamais mon maître, que ce premier amour est inéffaçable et que quelque rouée que je sois, il m'a roulée, et un tas d'autres idées peut-être justes. J'ai surtout expliqué qu'il venait cherchant une dot et que je pensais à des choses à la Don Quichotte. Et comme ce juif de Julian continuait à me dépeindre les agitations dont s'était si fortement ressenti mon travail je lui donnai ma parole qu'il n'y avait rien eu de plus et que cela s'est terminé par une lettre ainsi conçue: "J'avais d'abord cru que vous n'étiez pas à vendre, ensuite, j'ai pensé que vous coûtiez plus cher."

— "It would have been quite a blow," Amélie's cunning ideal told me, "if you had not devalued yourself in his eyes by what you yourself call 'follies' — childish behaviour. No matter — see how, despite what you call your experience, you are a child in the face of men of this sort."

— Ç'aurait été un coup de fouet, me dit le rusé idéal d'Amélie, si vous ne vous étiez démonétisée dans son esprit par ce que vous appelez vous-même "des folies", des enfantillages. C'est égal, voyez comme malgré ce que vous appelez votre expérience vous êtes une enfant en face des hommes de ce genre.

I amused myself talking of all this and displaying my elevated sentiments. It is only now that I see that no one had been ignorant of my distress, and that — "What!" said Julian, when you let slip phrases like — and he cited things I had thought quite simple and which are remarkable enough that people had thought me mad about Cassagnac. The good fellow concludes that I am his slave, his possession, and that if I am mad about someone else it is merely noise I am trying to make in my head that never reaches the heart. So I told him I would paint his portrait.

Je me suis amusée en causant de tout cela et en montrant mes sentiments élevés. Ce n'est qu'à présent que je vois que personne n'a ignoré mon trouble et que: Comment ! dit Julian, quand il vous échappait des phrases comme : et il me citait des choses que je croyais toutes simples et qui sont assez énormes pour qu'on m'ait pensé folle de Cassagnac. Le bonhomme conclut que je suis son esclave, sa chose et que si je suis folle d'un autre c'est du bruit que j'essaye de faire dans ma tête et qui n'atteint pas le cœur. Alors je lui dis que je ferai son portrait.

— And it is not over.

— Et ce n'est pas fini.

— You think he will court me. He will never dare!

— Vous pensez qu'il me fera la cour. Il n'osera jamais !

Notes

TR: Marie uses the casual antisemitic epithet "ce juif de Julian" — Julian was not in fact Jewish. The phrase is a period vernacular insult preserved here as part of the historical text.