Sunday, 27 October 1878
L'oncle Etienne trouve à l'église Mme Tarnowsky, une aristocrate de Konotop et nous la menons déjeuner chez nous. Pendant qu'elle était encore là, arrive la princesse Karageorgevitch avec son fils, blanc-bec de dix-huit ans posant pour le jeune homme.
Je crois vous avoir déjà dit que le père du prince a abdiqué pour lui et ses descendants et que c'est le prince Pierre qui est le Don Carlos de la Serbie. Je crois que maman les a connus à Nice ou à Ostende, bref la princesse est fort aimable de venir la première.
J'ai peur que des gens de Nice ne me gâtent les Gavini.
Et à quatre heures Mme Tarnowsky, Etienne, Dina et moi faisons une ascension dans le ballon captif.
Ce serait un plaisir immense s'il n'y avait pas d'autres personnes étrangères et puis les gens qui font le service et tous les préparatifs vulgaires et puis ce câble nous fait éprouver une sensation humiliante. J'aimerais un ballon libre, et n'y aller qu'avec quelqu'un d'agréable, avec un aéronaute auquel on tournerait le dos ou bien toute seule. Alors ce serait une jouissance complète.
Le baron d'Alt est venu, et nous avons été chez les Coubé.
Il me restera toujours la peinture et si je n'ai rien d'autre j'en ferai quelque chose de grand et tâcherai de me prsuader que c'est assez grand... Je n'y parviendrai jamais ! Si je réussis, bien, mais si je ne réussis pas j'aurai perdu ma jeunesse pour rien.
Ma parole d'honneur je raisonne comme si j'avais le choix !