Diary of Marie Bashkirtseff

I do not know how it comes about, but I believe I want to stay in Paris. It seems to me that a year at the atelier Julian would serve well as a foundation. And besides one must not forget that in the present conditions a retired life in Rome would be a torment, however absorbed in the arts one might be. If I had never been there, it might be possible — but as things stand...

Je ne sais comment cela se fait mais je crois que j'ai envie de rester à Paris. Il me semble qu'une année d'atelier Julian ferait bien comme base. Et puis il ne faut pas oublier que dans les conditions actuelles une vie retirée à Rome serait un supplice, quelque absorbé par les arts qu'on soit. Encore si je n'avais jamais été là, ce serait possible mais ainsi...

The Gonzalèses came.

Les Gonzalès sont venus.

"I had a mind to write to you no more, O Marcuard Pasha, but I must always tell something or other to someone. Women are often tedious; good friends assassinate you with parodies of Sévigné. Or else they are malicious — and then one must take great care what one writes, for fear of being devoured, God knows by what stopped-up, broken, false teeth — merely to think of it... fie! I see therefore only you, who are my foster-brother and friend of childhood. Thus I accept with gratitude the vow you make me. Do you know that I too was to go to England to my friend Lady Paget — but the poor woman has just died and I believe the journey will not take place. We are returning from Wiesbaden, where we spent several days after the pleasant Schlangenbad and where there is a very agreeable Russian society. Many old friends and new acquaintances. Mme Loris-Melikoff is there while her husband plays at being a soldier in Asia. My grandfather found his old friend Prince Repnin again and they could not bring themselves to part. In short it was charming, charming — but alas, Monsieur, too many women! We are here awaiting some decision; my throat is more or less cured but they order me to warm climates. I do not know what we shall do and I detest myself. It is an extremely disagreeable sensation — one is like the too-thin woman at the seaside: run as she may, her legs follow her! I have to propose to you an excursion far more agreeable than that wretched Sorrento. And please believe it is perfectly serious. The scheme would be to go from Nice to Rome on foot, stopping at all the interesting towns. One can get there in twenty-eight days, almost without fatigue. My superiors will go by carriage; I on foot; we shall be quite a party — I am awaiting letters from England! What do you say to that? Are you a lover of that sort of thing? In any case we shall see each other in Italy and I am counting on your helping hand, which will be given with vigour, to judge by the feats of Naples. So the mere idea of seizing you and laying you at Maman's feet makes me cry out... Well, I shall try — friendship obliges." Marie B.

- "J'avais envie de ne plus vous écrire, ô Marcuard Pacha, mais il me faut toujours raconter n'importe quoi à quelqu'un. Les femmes sont souvent ennuyantes, les bonnes amies vous assassinent avec des parodies de Sévigné. Ou bien elles sont méchantes et alors on doit faire bien attention à ce qu'on écrit sous peine d'être mangée Dieu sait par quelles dents plombées, écornées, fausses rien que d'y songer... fi ! Je ne vois donc que vous qui êtes mon frère de lait et ami d'enfance. Aussi j'accepte avec gratitude le serment que vous me faites. Savez-vous que moi aussi je devais aller en Angleterre chez mon amie lady Paget, mais la pauvre femme vient de mourir et je crois que ce voyage ne se fera pas. Nous revenons de Wiesbaden où l'on a passé quelques jours après le gentil Schlangenbad et où il y a une société russe très agréable. Beaucoup de vieux amis et de nouvelles connaissances. Mme Laris Melikoff est là pendant que son mari joue au soldat en Asie. Mon grand-père a retrouvé son antique ami le prince Repnine et ils ne voulaient plus se quitter. Bref c'était charmant, charmant, mais hélas Monsieur, trop de femmes ! Nous sommes ici en attendant une décision quelconque, ma gorge est à peu près guérie mais on m'ordonne les climats chauds. Je ne sais ce que nous ferons et je me déteste. C'est un sentiment extrêmement désagréable, on est comme la femme trop maigre au bain de mer, elle a beau courir ses jambes la suivent ! J'ai à vous proposer une excursion bien autrement agréable que ce misérable Sorrento. Et je vous prie de croire que c'est très sérieux. Il s'agirait d'aller de Nice à Rome à pied s'arrêtant dans toutes les villes intéressantes. On peut y arriver en vingt-huit jours presque sans fatigue. Mes supérieurs iront en voiture, moi à pied, nous serons toute une société, j'attends des lettres d'Angleterre ! Que dites-vous de cela ? Etes-vous amateur de ces sortes de choses. Dans tous les cas nous nous verrons en Italie et je compte bien sur votre coup d'épaule qui sera rudement donné à en juger par les tours de force de Naples. Aussi rien qu'à l'idée de vous empoigner et de vous mettre aux pieds de maman je pousse des cris... Enfin je tâcherai, l'amitié oblige." Marie B.

I have just read in Le Figaro that the Prince de Melissano has murdered Count A. de Larderei. Can it be possible?!

Je viens de lire dans "Le Figaro" que le prince de Melissano a assassiné le comte A. de Larderei. Serait-ce possible ?!

Everything is possible in this world.

Tout est possible dans ce monde.