Friday, 21 July 1876
# Vendredi, 21 juillet 1876
Encore Berthe ! Elle demande à quelle heure. Je lui dis à cinq heures et, au bout d'un certain temps, Chocolat me rapporte sa réponse. A cinq heures elle va chez Mlle de Toulé et ne m'attendra que jusqu'à quatre heures et demie mais comme je dois passer chez Valery avec mon costume d'avant-hier, je lui réponds que je la verrai demain.
A six heures, j'étais prête à aller au Bois, lorsque Chocolat vint nous annoncer M. Audiffret. J'avoue que j'ai été étonnée, très étonnée et, comme Audiffret tardait d'entrer, nous sommes descendues et, en montant en voiture, je demandai à Chocolat si Audiffret lui avait dit quelque chose.
— Rien, je l'ai vu dans le corridor.
— Mais alors, pourquoi l'as-tu annoncé ?
— Je l'ai vu dans le corridor et j'ai cru qu'il allait chez vous, où pouvait-il donc aller ?
Chocolat, vous êtes très logique.
Rice est partie ce soir pour Aix-les-Bains.
Une nouvelle idée !
Georges connaît Paul de Cassagnac et m'a offert de le présenter. Brute que je suis, j'ai dit non !
Ce soir j'écris à cet aimable ivrogne de m'amener le célèbre bonapartiste « au nom du ciel ».
Paul de Cassagnac va un de ces jours être le chef du parti de l'Empereur. Je veux le connaître, vivre à Paris et rassembler chez nous les bonapartistes. Il n'y a qu'à donner une bonne idée de mon esprit à Cassagnac. Je suis tout en feu à cette idée. C'est ma vie !
[EN TRAVERS DE LA PAGE]
*Remarquez que je suis à cette époque absolument ignorante de la politique et que c'est la première fois que j'entends prononcer le nom de *Cassagnac.
Je suis légitimiste, je suis pour Henri V, mais Henri V n'a pas d'héritiers, après lui le trône passerait aux Orléans qui ont été et sont tout ce qu'il y a de plus ignoble en France... après Gambetta. Il n'y a donc que l'Empire pour les honnêtes gens et pour les gens raisonnables.