Diary of Marie Bashkirtseff

# Dimanche, 28 mai 1876

After church we called on Mme de Ballote. Then I set to painting; at five o'clock my aunt arrived exclaiming about who she had seen.

Après l'église nous avons passé chez Mme de Ballote. Ensuite je me mis à peindre, à cinq heures arriva ma tante en s'écriant qui elle a vu.

"Audiffret!"

— Audiffret !

"Exactly."

— Juste.

She was urging me to go out as if I were supposed to go out for Audiffret.

Elle me pressait de sortir comme si je devais sortir pour Audiffret.

The usual public is swelled by the Sunday crowd.

On voit le public habituel augmenté des gens de dimanche.

We were turning the corner of the Jardin public when Audiffret got into a hired cab,1 smiled at me, greeted me, and followed us — for we were going in the same direction — as far as the Place Masséna; then he went towards the Quai Saint-Jean-Baptiste while we went to the Avenue de la Gare.

Nous tournions l'angle du Jardin public quand Audiffret monta en fiacre, me sourit, me salua, et nous suivit, car nous allions dans la même direction, jusqu'à la place Masséna, alors il alla au quai Saint-Jean-Baptiste et nous à l'avenue de la Gare.

I barely acknowledged him, and I am told I went pale. That may well be — I was trembling greatly and found it hard to hide the trembling.

J'ai à peine salué et on assure que j'ai pâli. Ça se peut, je tremblais beaucoup et j'avais de la peine à cacher ce tremblement.

He is handsome as ever, and composed in the cab in his Hamiltonian way2 as always. After all — why should he have changed?

Il est beau comme toujours, et posé hamiltonnement comme toujours en fiacre. Pourquoi changerait-il, au fait ?

The moment I laid eyes on that man I began to love Antonelli — as if out of spite.

A peine eus-je vu cet homme que je me mis à aimer Antonelli, comme par dépit.

Audiffret, though himself soulless, is the soul of Nice. I felt this so keenly that, for fear of being found out, I exaggerated my habitual complaints about boredom, about Saetone, about Nice.

Audiffret, bien que lui-même sans âme, est l'âme de Nice ; je le sentais si bien que, de peur qu'on ne me devinât, j'exagérai les plaintes habituelles contre l'ennui, contre Saetone, contre Nice.

Leaving for Rome and in the first days in the Eternal City, I thought of nothing but returning to Nice, with the firm resolution of giving Audiffret the cold shoulder3 and spitting on him. Antonelli made me forget him and made me hate Nice; I am here nonetheless, and am bored — or I was bored, for I am bored no longer. I await a letter from Rome with tolerable impatience, but I am quite amused by the arrival of the Surprising One.*4 Well now — there it goes again! But no — let me remember a little… yes, I remember; I laid out an entire plan of conduct for myself; it is written down; but it is unnecessary — I need only behave as I did with Saetone. Indifference verging on contempt. I think I have explained the gentleman's conduct sufficiently for anyone to understand that mine can only be what I have just described.

En partant pour Rome et les premiers jours dans la Ville Étemelle je ne pensais qu'au retour à Nice, prenant la ferme résolution de battre froid Audiffret et de lui cracher dessus. Antonelli me l'a fait oublier et haïr Nice ; j'y suis malgré cela, je m'ennuie, ou je me suis ennuyée, car je ne m'ennuie plus. J'attends avec une passable impatience une lettre de Rome, mais je suis assez *amusée* de l'arrivée du Surprenant*. Bon, voilà que ça recommence ! Non, mais souvenons-nous un peu... oui, je me souviens, je me suis dicté tout un plan de conduite, il est écrit mais c'est inutile, je n'ai qu'à me conduire comme avec Saetone. Indifférence frisant le mépris. Je crois avoir suffisamment expliqué la conduite du monsieur pour qu'on sache que la mienne ne peut être que ce que je viens de dire.

There is a new letter from Couthon, and as Mme Daniloff was present I mentioned it to her. This gentleman has called on her some ten times to tell her of his love and his suffering, assuring her that he is rich and noble and loved by me.

Il y a une nouvelle lettre de Couthon et comme la Daniloff était là je lui en parlai. Ce monsieur est venu une dizaine de fois chez elle lui raconter son amour et sa peine, assurant être riche et noble et aimé de moi.

This is something that enrages me. I have asked Maman to put an end to it, and if the gentleman persists, to complain to the public prosecutor.

Voilà quelque chose qui me met en colère. J'ai prié maman de mettre fin à cela et si le monsieur s'obstine, de se plaindre à M. le procureur de la République.

Back at home I went to the window… It is strange — nothing seems to have changed; it is as though it were last year. Until this evening I had not noticed the beautiful sky, nor the sea, nor the moon, nor the dark trees, nor the songs of the Niçois dancing round the May.5 I noticed all of it, all at once — and thanks to the presence of that vile, that beautiful Niçois. Never before have Nice's songs seemed so charming. I was astonished, on returning to Nice from Rome, to find none of the charms of the previous year about which I had made such grand ideas for this one — it is simple: there was no one here. Now it is another matter.

Rentrée chez moi je me mis à la fenêtre... c'est bizarre, rien ne semble changé, il me semble que c'est l'année dernière. Jusqu'à ce soir je ne remarquais ni le beau ciel, ni la mer, ni la lune, ni les arbres noirs, ni les chants des Niçois tournant le Mai. J'ai remarqué tout cela et tout d'un coup, et grâce à la présence du vil, du beau Niçois. Jamais les chansons de Nice ne m'ont parues si charmantes. Je m'étonnais en rentrant à Nice de Rome, de n'y trouver aucun des charmes de l'année passée, dont je m'étais fait une telle idée pour cette année, c'est clair, il n'y avait personne ; à présent c'est autre chose.

This evening I love Antonelli fiercely. Poor Antonelli — so this is how his love is repaid!

J'aime Antonelli avec acharnement ce soir. Pauvre Antonelli, voilà comment se récompense son amour !

Wait — that makes me think. Does he love me no longer, then, or have such flattering things been written to them about us? Oh! These are thoughts that would shatter me if I were not in some measure numbed by last year's memories — the croaking of frogs, the murmur of the fountain, the distant songs and the roar of the waves, all of it degraded from time to time by the noise of a prosaic carriage.

Tiens, cela m'y fait penser. Il ne m'aime donc plus, ou on leur a écrit de bien belles choses sur notre compte ? Oh ! voilà des pensées qui me bouleverseraient si je n'étais pas en quelque sorte abrutie par les souvenirs de l'année dernière, le chant des grenouilles, le murmure de la fontaine, les chants lointains et le mugissement des vagues, tout cela avili de temps en temps par le bruit d'une prosaïque voiture.

I must go to church — to stop thinking of any kind of grandeur and to look upon Antonelli's mediocrity as an impossible happiness.

Il me faut aller à l'église pour ne plus penser à aucune grandeur et pour regarder la médiocrité d'Antonelli comme un bonheur impossible.

There I feel alone, wretched, despised or ignored — oh! no, despised!

Là, je me sens seule, misérable, méprisée ou ignorée, oh ! non, méprisée !

Let us return to Audiffret: when I think that in the first days in Rome I admitted having no other aim in life than to triumph over Audiffret! How that has changed! Certainly I bear him a grudge — but no more than I do others. I am annoyed to think he counts me among his victims; I hope he does not. As for the effect he has on me, it is simply due to my great sensitivity to beauty. One certainly cannot judge men from an animal point of view — but beauty is beauty, and especially when it is chic. Besides, I do not understand vulgar, coarse, peasant beauty — I neither understand, nor notice, nor speak of it.

Revenons à Audiffret : quand je pense que les premiers jours à Rome j'avouais n'avoir d'autre but dans la vie que de triompher d'Audiffret ! Que c'est changé ! Certes je lui garde rancune, mais pas plus qu'aux autres ; je suis contrariée de croire qu'il me compte au nombre de ses victimes, j'espère que non. Quand à l'effet qu'il me fait, il est simplement dû à ma grande sensibilité pour la beauté. On ne peut certes pas juger les hommes du point de vue animal mais la beauté est la beauté et surtout lorsqu'elle est *chic.* D'ailleurs je ne comprends pas la beauté vulgaire, grossière, paysanne, je ne la comprends, ni la remarque, ni en parle.

So it is perfectly clear that when I say such and such a man is handsome, I mean that he is… handsome, good Lord!

Aussi c'est bien entendu que si je dis que tel et tel est beau, cela veut dire qu'il est.... beau, pardieu !

And when one is beautiful, I bow.

Et lorsqu'on est beau, je m'incline.

I am reading Horace and Tibullus6 — the latter speaks of nothing but love, which suits me very well. Besides, I have the Latin text with the French, which gives me practice.

Je lis Horace et Tibulle, ce dernier ne parle que d'amour et ça me va. Et puis j'ai le texte latin avec le français, cela m'exerce.

Oh! Why is Antonelli not here?

Ah ! Pourquoi Antonelli n'est-il pas ici ?

I only hope that this whole marriage affair, which I have stirred up through carelessness, does not harm me. I am afraid it will. I should have promised Antonelli nothing; I should have said to him:

Pourvu que toute cette histoire de mariage, que j'ai suscitée par légèreté, ne me nuise. J'en ai peur. Il ne fallait rien promettre à Antonelli, il fallait lui dire :

"I thank you for the honour you do me — but I cannot say yes before consulting myself, and above all not without my parents' agreement. Let yours refer the matter to mine and we shall see. As for me," I might have added to soften it, "I shall have nothing against you."

— Je vous remercie de l'honneur que vous me faites mais je ne puis vous dire oui avant de m'être consultée et surtout sans l'accord de mes parents ; que les vôtres en réfèrent aux miens et on verra. Quant à moi, pouvais-je ajouter pour adoucir, je n'aurai rien contre vous.

This, accompanied by one of my agreeable smiles and a hand to kiss, would have been sufficient — I would not have compromised myself; they would not have gossiped in Rome; and all would have been well. I have wit — but it always comes to me too late.

Ceci accompagné d'un de mes sourires aimables et d'une main à baiser, aurait suffi et je ne me compromettais pas, et on ne bavardait pas à Rome et tout était bien. J'ai de l'esprit mais il me vient toujours trop tard.

After all, no great harm has been done. They are making enquiries — perfectly natural; we might not have known about it. Yes… but people are talking… yes, but did they not talk about the Surprising One*?

Après tout, il n'y a pas de malheur arrivé. Ils prennent des informations, c'est très naturel, nous aurions pu ne pas le savoir. Oui... mais on parle... oui, mais n'a-t-on pas parlé du Surprenant* ?

It was Maman who put these worries into my head. They were talking about young ladies who do not marry.

C'est maman qui m'a mis ces inquiétudes en tête. On parlait des demoiselles qui ne se mariaient pas.

"As for Mlle de Saint-Aignan," said my mother, "she does not marry because she has compromised herself with the Comte de Diesbach."

— Quant à Mlle de Saint-Aignan, dit ma mère, elle ne se marie pas parce qu'elle s'est compromise avec le comte [de] Diesbach.

I blushed, and since that moment the idea that I have compromised myself with Antonelli has not left me. It is only an idea. How have I compromised myself! Is not a marriage always attributed to a young woman, provided she is pretty and surrounded by admirers?

J'ai rougi et depuis ce moment l'idée que je me suis compromise avec Antonelli ne me quitte pas. Ce n'est qu'une idée. Comment me suis-je compromise ! Ne prête-t-on pas toujours des mariages à une jeune fille, pourvu qu'elle soit jolie et entourée ?

That is true — but Pietro, in order to get what he wants, shouts at the top of his lungs that he loves me and that I love him; in his honest candour he will not hesitate to say so to his friends.

C'est vrai, mais Pietro pour obtenir ce qu'il veut, crie à tue-tête qu'il m'aime et que je l'aime ; dans sa candeur honnête il n'hésitera pas à le dire à ses amis.

"Yes," he will say with a candid and sincere air, "it is true — we love each other and we are going to be married…"

— Oui, dira-t-il d'un air honnête et vrai, c'est vrai, nous nous aimons et nous allons nous marier...

He cannot conceal anything — and yet he is a man of intelligence. This great frankness is greatly to his disadvantage.

Il ne sait rien cacher et pourtant c'est un garçon d'esprit. Cette grande franchise lui nuit beaucoup.

I would no doubt have done better to give a fine response like the one you have just read — but it would have saved me so much pleasure! And life is so short. And then (there is always and then) — and then I was almost certain I was speaking seriously, thanks to Visconti's words.

J'aurais sans doute mieux fait de faire une belle réponse comme celle que vous venez de lire, mais cela m'économiserait tant de plaisir 1 et la vie est si courte. Et puis (il y a toujours *et puis,}* et puis j'étais presque sûre de parler sérieusement, grâce aux paroles de Visconti.

My letter left on Friday and arrived on Saturday. I give him twenty-four hours to write a reply. At the latest, I must have it by Tuesday. He will not write to me! Oh! Now that would be more than impertinent!

Ma lettre est partie vendredi et arrivée samedi. Je lui donne vingt-quatre heures pour écrire la réponse. Au plus tard, je dois l'avoir mardi. Il ne m'écrira pas ! Oh ! voilà qui serait plus qu'impertinent par exemple !

I was wrong not to have given my fine response. Yes — but I was truly very troubled, and when he said to me with such a beseeching, tender air: "Then make me understand!" — I could find nothing better to do than make him understand by letting my head fall on his shoulder. I neither calculated nor reflected; I followed the natural impulse. I may have been wrong; the reasonable will say yes; the sentimental will say no. It was new to me — with habit comes indifference — but this was a first time (I do not count the detestations), and I was moved, troubled, charmed, and I gave myself over to the pleasure of the moment.

J'ai mal fait de ne pas avoir fait ma belle réponse. Oui, mais j'étais vraiment très troublée et lorsqu'il me dit d'un air si suppliant, si tendre : - « Faites-le moi comprendre alors !» - je ne trouvai rien d'autre à faire que de le lui faire comprendre en laissant tomber ma tête sur son épaule. Je n'ai ni calculé, ni réfléchi, j'ai suivi l'impulsion naturelle, j'ai eu tort peut-être ; les raisonnables diront que oui ; les sentimentales que non. C'était nouveau pour moi, avec l'habitude viendra l'indifférence, mais cette fois était une première fois (je ne compte pas les détestations) et j'ai été émue, troublée, charmée, et je me suis laissée aller au plaisir du moment.

I claim to have lived several times over, like Cagliostro,7 which is why I do not reproach myself — for I know what it is to be young, and as long as youth does not go beyond the bounds of prudence, I let it be. In the midst of stern reason there must be a little abandon, a little disorder — without it life would be too monotonous, too stiff.

Je prétends avoir vécu plusieurs fois comme Cagliostro, c'est pour cela que je ne m'accuse pas, car je sais ce que c'est que d'être jeune et, tant que la jeunesse ne va pas au-delà des bornes de la prudence, je la laisse aller. Au milieu de la raison sévère il faut un peu d'abandon, un peu de désordre, sans cela la vie serait trop monotone, trop raide.

All of that is very well — but people gossip all the same!

Tout cela est fort bien, mais on jase tout de même !

I said no; I was "icy"; I was coquettish; I teased as long as possible; I would have continued still longer had I stayed in Rome — but on the eve of departure it was not wise to leave behind a cold memory. That is why I relented, and, unable to be very much in love, I let him talk, kept silent myself, and the man was satisfied. I had tormented him for two or three months; I thought he deserved a reward; I gave it — and now I regret it. It seems to me that I listened too readily, and his past sufferings seem like nothing to me now — as they apparently do to him as well. On reaching happiness, sad memories fade quickly. And that is what I regret. I take an immense pleasure in making people unhappy — or at least tormented — and I cannot forgive myself for having received Antonelli kindly.

J'ai dit non, j'ai été « de glace », j'ai été coquette, j'ai taquiné aussi longtemps que possible, j'aurais encore continué si j'étais resté à Rome mais, à la veille du départ, il n'était pas prudent de laisser un souvenir froid, c'est pour cela que je me suis adoucie et ne pouvant être très amoureuse j'ai laissé dire, je me suis tue, et l'homme a été satisfait. Je l'ai tourmenté pendant deux ou trois mois, je croyais qu'il méritait une récompense, je l'ai accordée et voilà que je la regrette, il me semble avoir trop écouté et ses souffrances passées ne me semblent plus rien, comme à lui aussi d'ailleurs. En arrivant au bonheur, les souvenirs tristes s'effacent vite. Et voilà ce que je regrette. J'éprouve un immense plaisir à rendre les gens malheureux ou tout au moins tourmentés et je ne me pardonne pas d'avoir bien reçu Antonelli.

It seems to me that love does not survive uncertainty, fear, and torment. It survives perhaps — but it diminishes by the full measure of those three most terrible nouns; yet in losing them it does not diminish but is freed of them; as a diamond becomes smaller when polished, so too does love — but for that, neither loses its value except in the eyes of the vulgar, who prefer quantity to quality. Yet a little fear does no harm — that is true — but does one ever love greatly without fearing a little?

Il me semble que l'amour ne survit pas à l'incertitude, à la crainte et au tourment. Il survit peut-être mais il diminue de toute l'importance de ces trois substantifs si atroces, d'ailleurs en les perdant il ne diminue pas, il se débarrasse ; comme un diamant devient plus petit après être poli, de même l'amour, mais, pour cela, ni l'un ni l'autre ne perdent leur valeur qu'aux yeux du vulgaire qui aime mieux la quantité que la qualité. Pourtant un peu de crainte ne gâte rien, c'est vrai mais aime-t-on jamais beaucoup sans craindre un peu ?

Oh! I am anxious, I am waiting for that letter, and… you see perfectly well that I am afraid! It may arrive tomorrow if he hurries — if he loves me. God, forgive me all my reflections; I say very wicked things, but you see perfectly well that I myself am not wicked. I do not love Antonelli, and I should be in despair if he did not love me.

Oh ! je suis inquiète, j'attends cette lettre et... vous voyez bien que je crains ! Elle peut arriver demain s'il se dépêche, s'il m'aime. Dieu, pardonnez-moi toutes mes réflexions, je dis des choses très vilaines mais vous voyez bien que je ne suis pas vilaine moi-même. Je n'aime pas Antonelli et je serais au désespoir s'il ne m'aimait pas.

Well! Here is the end of the notebook.

Tiens ! voilà la fin du cahier.

All night I dreamed of monks, kept women,8 and cooks. But the dreams of feast days count only until dinner.

Toute la nuit j'ai rêvé de moines, de cocottes, de cuisiniers. Mais les rêves des jours de fêtes ne comptent que jusqu'au dîner.

Husband, wife, duke, love, Gioia*.9

Mari, femme, duc, amour, Gioia *.

Gloriae cupiditate10 H[is] G[race] t[he] D[uke] o[f] H[amilton]11

*Gloriae cupiditate* H[is] G[race] t[he] D[uke] off] Hfamilton]

[End of Cahier 61]

Notes

Fiacre: a hired horse-drawn cab — a public conveyance, not a private carriage.
"Posé hamiltonnement": Marie's coinage — an adverb derived from the Duke of Hamilton's name, meaning "composed in the manner of Hamilton" — her idealized model of aristocratic self-possession. The neologism is so distinctive it must be translated with a gloss rather than domesticated away.
"Battre froid": literally "to beat cold" — the French idiom for giving someone the cold shoulder.
"Le Surprenant*": the Surprising One — Marie's asterisked code name for Audiffret in this period of the diary.
"Tournant le Mai": a local Niçois tradition of maypole-dancing and songs associated with May Day celebrations.
Horace (65–8 BCE) and Tibullus (c.55–19 BCE): Roman lyric poets. Marie reads them in bilingual Latin–French editions to practise her Latin.
Count Alessandro di Cagliostro (1743–1795): famous adventurer and occultist who claimed to have lived multiple past lives and to possess supernatural powers. Marie uses him as a witty model for her own sense of accumulated worldly experience.
Cocottes: fashionable kept women or courtesans of the Second Empire and early Third Republic.
A cryptic word-list: Mari (husband), femme (wife), duc (duke — Hamilton), amour (love), Gioia (the Duke of Hamilton's mistress; Italian for "joy"). Possibly keyword prompts for future diary entries, or a memory aid. The asterisk follows the project convention for asterisked names.
Gloriae cupiditate: Latin — "By desire for glory" or "Driven by ambition for fame." A classical phrase (cf. cupido gloriae in Cicero and Sallust). Marie uses it as a closing motto for the carnet.
Written in English in the original: His Grace the Duke of Hamilton — Marie's obsessive reference to her idealized, unattainable aristocratic standard.