Diary of Marie Bashkirtseff

# Samedi, 8 janvier 1876

Maman still does not have her visiting cards — and so another day lost! I think I shall go off to America: all these princes, dukes, marquises and barons make me shiver. I shall never get there, I tell myself. I would give anything at all to be done with my miserable mode of existence and to live at last according to my own idea!

Maman n'a pas encore ses cartes de visite et voila encore un jour de perdu ! Je crois que je vais m'en aller en Amerique, tous ces princes, ducs, marquis et barons me donnent froid. Jamais, me dis-je, je n'y arriverai. Je donnerais tout ce qu'on veut., pour en finir avec mon miserable genre d'existence et pour vivre enfin selon mon idee !

I have only one chance, one alone: to make a good match. But how? The only means is to please. My face — nothing but my face. And even so I am not beautiful! A non-expert would say I am; an artist would not. It is dreadful to depend so on a man's caprice.

Je n'ai qu'une chance, une seule: faire un bon mariage. Mais le moyen ? Le seul moyen c'est plaire. Ma figure, rien que ma figure. Et avec cela je ne suis pas belle ! Comme amateur je le suis, comme artiste je ne le suis pas. C'est affreux de dependre ainsi du caprice d'un homme.

Dina is indisposed; Maman and I go alone to the Pincio. The weather is fine and I have at last been able to dress in white, as in Nice. I am not yet accustomed to Rome, but I feel better than at the start. I did not see the King, nor Frederic — but several elegant persons. I still know no one here: it is sad for one who is used to knowing everyone in her circle by heart.

Dina est indisposee, nous allons en deux avec maman au Pincio. Il fait beau et j'ai enfin pu me mettre en blanc, comme a Nice. Je ne suis pas encore habituee a Rome, mais je me sens mieux qu'au commencement. Je n'ai pas vu le Roi, ni Frederic mais plusieurs personnes elegantes. Je ne connais encore personne, c'est triste pour qui est habitue de connaitre tout son monde par coeur.

I have left Nice and in Rome I am scarcely better off.

J'ai quitte Nice et a Rome je ne suis guere mieux.

We are alone everywhere, everywhere, everywhere — not a single tie of kinship, friendship, or even mere acquaintance! I swear to you it is enough to dash one's brains out!

Nous sommes seuls partout, partout, partout, pas un lien de parente, d'amitie, ou de simple connaissance ! Je vous jure que c'est a se casser la tete !

God have mercy on me! At the Pincio I saw a bust — the bust of Pinelli the engraver — and this Pinelli resembles Audiffret in a striking way; only Audiffret has no beard and Pinelli has a sort of small chin tuft. And it gives me pleasure, each time I pass, to study this resemblance to the Surprising One. Look at Pinelli and you will have some idea of the man who has so preoccupied me and still does. Do not forget to add to the engraver's features magnificent eyes and an admirable complexion. I did not take note of the bust's mouth — the Surprising One's is a little pinched.

Dieu ayez pitie de moi ! Au Pincio j'ai vu un buste,le buste de Pinelli le graveur, et ce Pinelli ressemble a Audiffret d'une facon frappante, seulement Audiffret n'a pas de barbe et Pinelli a une espece de royale. Et ca me fait plaisir, chaque fois en passant, de regarder cette ressemblance avec le Surprenant. Regardez Pinelli et vous aurez une idee de l'homme qui m'a tant occupee et qui m'occupe encore. N'oubliez pas d'ajouter aux traits du graveur de magnifiques yeux et un teint admirable. Je n'ai pas remarque la bouche du buste, celle du Surprenant est un peu pincee.

I spend the evening copying and recopying the monks' letter — always in block capitals, like the one pinned to page 299 of this volume.

Je passe la soiree a copier et a recopier la lettre des moines, toujours ces lettres d'imprimerie comme celle qui est attachee par une epingle a la page 299 de ce livre.

When one breaks something, or when objects fall from one's hands, it is a sign that someone is hastening to reach you. Maman does nothing but break glasses and plates, and everything falls from my hands. I did a card reading to find out who was hurrying to arrive and whether the person arriving would be agreeable to me. The cards showed me four aces, i.e. success and fulfilment of my desires. Which means, if one believes these wretched cards, that it is the Surprising One who is coming. For no other arrival can be announced to me by four aces.

Quand on casse quelque chose, ou quand les objets vous tombent des mains c'est signe que quelqu'un se hate d'arriver aupres de vous. Maman ne fait que casser verres et assiettes et a moi tout me tombe des mains. J'ai fait les cartes pour savoir qui se depechait ainsi d'arriver et si la persone qui arrivera m'est agreable. Les cartes me firent voir quatre as, i.e. reussite et accomplissement de mes desirs. Ce qui veut dire si on en croit ces fichues cartes, que c'est le Surprenant qui arrive. Car aucune autre arrivee ne peut m'etre annoncee par quatre as.

As I was saying it cannot be he, that he has no business in Rome, that it would be absurd, Dina says:

Comme je disais que ca ne peut etre lui, qu'il n'a quoi faire a Rome, que ca n'aurait pas le sens commun, Dina dit:

— Why not? He will come here with his wife, perhaps.

- Et pourquoi pas ? Il viendra ici avec sa femme peut-etre.

Every time someone has the stupidity to say such a thing to me I blush. Put yourself in my place and judge for yourself!

Chaque fois qu'on a la betise de me dire une pareille chose je rougis. Mettez-vous a ma place et jugez vous-meme !

Wretched, wretched, wretched existence!

Miserable, miserable, miserable existence !

Oh, let it change, let it change — in God's name, let me live like other people, like those who are happy!

O que cela change, que cela change, au nom de Dieu que je vive comme les autres, comme ceux qui sont heureux !