Friday, 9 July 1875
# Vendredi 9 juillet 1875
Je suis comme trempée dans de l'eau tiède, malgré ma robe rose et malgré Girofla aussi rose, je parle lentement et comme une personne maniérée.
Au sortir du bain, la mère Georges (celle qui tient l'établissement) vient me saluer, me dire que je suis gentille, qu'elle me connaît comme-ça (montrant avec la main une hauteur d'un mètre, puis:
— Mais M. Emile je le connais aussi tout petit, dit-elle. N'est-ce pas, M. Emile ?
Elle crie cela au dit M. Emile qui est allé fureter dans les cabines où demeurent les baigneurs et où ils dînent.
On nous met à côté l'un de l'autre, comme je ne sais qui.
Ce soir Girofla vient et amène son Fiouloulou. Nous avons dessiné des caricatures stupides que nous leur montrons.
On va au jardin, on joue aux quatre coins, on rentre de nouveau. Olga enferme son frère dans la salle à manger et cache son chapeau.
Il s'est occupé toute la soirée à voler mes photographies des albums et chaque fois était attrapé par ma tante. Puis à faire des singeries avec Olga, à taper le parquet des pieds comme un enfant gâté et demander mon portrait.
Nous jouons et courons comme des enfants.
Et pourtant les filles ont seize ans et les garçons vingt-quatre et vingt-cinq. Bihovetz et ma tante seuls restent tranquilles.