Čtvrtek 16. února 1882
# Jeudi 16 fevrier 1882
Parait que le pere Julian a ecrit mais je lui avais pas donne l'adresse et la lettre est perdue. Premier jour de Carnaval... Notre voiture est la plus jolie apres une qui m'a parue mieux. Nous avons un break drape de satinette mauve et [Raye: nous avons] des dominos Watteau en laine blanche avec plisses mauves et profusion de violettes de Parme et de rubans qui s'envolent au vent.
Mais quelle difference avec les Carnavals Italiens, ici c'est un defile d'un tas de pauvres indigenes associes qui ont forme des chars et des cavalcades pour attraper un prix; et le peuple qui jette des confettis et les etrangers qui regardent cela de leurs balcons. Il n'y a ni jeunes gens, ni bonbonnieres, ni bouquets, ni intrigues ebauchees.
Cette population flottante et cosmoplite ne peut donner l'idee d'un Carnaval en Italie ou l'aristocratie s'en mele, les artistes; comme l'annee passee le char de la Villa Medicis a Rome...
Nice est jolie, pittoresque mais elle a... ou elle n'a pas... Pays batard, pays sans caractere, pays que j'aime pourtant mais...
Peut-etre que si je passais la saison a Nice le Carnaval aurait des attraits... mais non, ces Anglais et ces Hollandais qi viennent intriguer ou les parisiens et autres qui s'en vont a Monaco... Enfin... Je ne sais pas moi ce Carnaval n'est qu'un defile de chars et de cavaliers tres peu artistiques.
La Linsingen et la princesse Eristoff etaient avec nous. A cinq heures nous allons chercher a la gare ma tante et Bojidar et nous allons tous ensemble diner au London House ou l'on est comme chez soi naturellement. Papa et ma tante filent a Monaco par le train de sept heures. L'arrivee de Bojidar anime un peu toute la maison.
Et moi je pense a ma peinture et a cet infame journaliste du "Pays". A propos de journaliste Limousin de la "Vie Mondaine" (le Figaro de Nice) est entre pendant que nous dinions, on l'a fait asseoir, il a fort loue notre char et je lui ai serre la main comme a un confrere car il parait que je suis journaliste.
Ce qui est... car enfin si nous nous retrouvons un jour Cassagnac et moi... [full text as source]