Středa 3. dubna 1878
Slavnost byla velmi zábavná — ale já jsem se nebavila, přestože jsem měla výrazný kostým. Byl to kus tmavé orientální látky, který jsem obdivuhodně drapírovala tak, abych se zcela skryla. Velmi dlouhá černá vlečka zdobená lemováním ze starého zlata v souladu s vrchem, špičaté černé střevíce vyšívané zlatem. Černé vlasy a černozlatá gáza — a pak škraboška.1# Mercredi 3 avril 1878
[Entravers: j'oublie un flot de rubans jaune, rouge et bleu foncé qui répondaient aux mille couleurs de la draperie et qui tombaient tout le long de la traine depuis le haut du dos ]
Je traînais à ma suite Mouzay et sa fille, ma mère et Dina.
C'est grâce à Mouzay que nous avons eu les billets. Je vous garderai le compte-rendu du "Figaro" qui est très ressemblant.
Pour mon malheur j'ai parlé aux Boyd et celles-ci n'ont eu rien de mieux à faire qu'à nous dénoncer à tout le monde. J'en suis assez mécontente pour une fois que j'étais vraiment méconnaissable. Tout le monde me l'a dit d'ailleurs et sans ces idiotes que je déteste, tout serait charmant. Quand on y va en famille cela ne vaut jamais rien. Je n'étais pas en train mais on m'a fait la cour; d'ailleurs que j'aie ou que je n'aie pas d'esprit, je n'aime que peu de choses comme être masquée. Cette liberté de dire m'enchante quant aux libertés qu'on voudrait prendre avec moi ou j'y mets de suite si bon ordre que c'est un charme.
J'avais fait écrire deux lettres par Marie (ma tante) la première, d'abord celle-ci.
Cher Multedo si tu allais chez M. d'Osmond je te demanderais de me donner le bras. Si je ne suis pas là à minuit juste, tu es libre:
Corse et Vico.
et voici la seconde :
Cher ami,
Cinq femmes vous attendront à minuit chez M. d'Osmond.
Vous choisirez ou passerez outre, dans lequel dernier cas on tâchera de se consoler.
J'ai envoyé à tout hasard, car celui-ci n'est pas à Paris bien qu'on l'ait cité parmi les invités.
Il y avait la meilleure jeunesse de Paris, on a dépensé assez d'esprit mais on a montré peu de beauté. Quant aux femmes la plupart sont très belles, et il n'y a rien d'étonnant qu'on abandonne les femmes du monde, les femmes honnêtes pour aller à celles-là.
Je ne suis pas allée à l'atelier hier toute la journée, aujourd'hui non plus.
Alexandre est parti pour la Russie. Ma tante est partie pour Nice avec Etienne qui va aller en Russie, puis revenir ici ayant repris ma tante à Nice. Sa femme reste avec nous.
Le concours ne m'inquiète pas, je ne suis que trop sûre hélas du résultat. Demain dès huit heures je dessinerai.
Je regrette de n'avoir pas été mieux disposée hier, il y avait tant de célébrités.