Deník Marie Bashkirtseff

J'y aurais été tous les jours si je n'avais pas peur de l'ennuyer.
J'ai été chercher des lutteurs à la foire et sur les boulevards extérieurs. En compagnie de Rosalie et d'irma.
Rien encore.
Eh bien on dit qu'il est déjà à Paris le choléra.
Ce matin à sept heures j'étais chez Potain. Il m'a examinée assez légèrement et m'envoie aux Eaux-Bonnes. Après on verra. Mais j'ai lu la lettre qu'il écrit à son collègue des eaux, je l'ai décachetée.
Il y est dit qu'il y a une excavation au sommet droit. [Mots noircis: En précisant] que je suis la malade la plus indisciplinée et la plus imprudente du monde.
Après comme il n'était pas huit heures je vais chez le petit docteur de la rue de l'Echiquier. Ça m'a l'air d'un garçon sérieux, car il paraît désagréablement surpris de mon état et insiste très fort pour que j'aille chez un prince de la science, Bouchard ou Grancher etc. Comme je refuse il dit qu'il ira avec moi pourvu que j'y aille.
Alors je consens. Potain prétend que j'ai été bien plus malade que maintenant et que ça s'est amélioré d'une façon inespérée, que maintenant c'est revenu mais que ça s'arrangera. Et il est si optimiste que je dois être bien bas.
Le petit Béclère lui n'est pas de cet avis, il dit que j'ai été plus malade mais que cette maladie était aigüe; on a craint qu'elle ne me fît aller très vite, ce n'est pas arrivé, voilà l'amélioration inéspérée. Tandis que maintenant c'est une aggravation de maladie chronique... Bref il veut absolument me mener chez ce Grancher. J'irai;
Poitrinaire va !
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Ça et le reste... Et tout.
Ce n'est pas drôle.
Et rien de bon pour me consoler un peu !