Dimanche 27 avril 1884
Rosalie m'a apporté hier de la poste restante une lettre de Guy de Maupassant. La cinquième et la mieux. Nous ne sommes donc plus fâchés ?Et puis il a fait dans "Le Gaulois" une chronique ravissante, je me sens radoucie... C'est très amusant.
Cet homme que je ne connais pas occupe toutes mes pensées depuis vingt-quatre heures. Pense-t-il à moi ? Pourquoi m'écrit-il ?
Lundi 28 avril 1 884
Madi 29 avril 1 884
C'est après demain le Vernissage, demain à la première heure je verrai "Le Figaro" et "Le Gaulois". Que diront-ils ? Rien ? Du bien ? Du mal.
J'en suis très émue et m'occupe en attendant à composer une réponse à Maupassant.
Ça me prend un temps énorme.
Mais je n'aurai pas pu faire autre chose tellement j'attends demain avec terreur.
Vraiment la littérature m'envahit à un point ! Disparaissez Dumas, Zola, tous. C'est moi qui arrive. J'en ai mal à la main. Et je fais une nouvelle avec mes lettres.
Mais c'est "Le Figaro" et "Le Gaulois" que j'ouvrirai en tremblant. S'ils ne disent rien c'est un désastre. Et s'ils parlent, que diront-ils.
Mon cœur s'arrête à cette pensée puis bat follement.