Mardi 12 février 1884
Tableau.Le maréchal est venu voir le travail de sa fille et il en est resté un peu étonné mais ravi. Entre quatre heures et demie et cinq heures je fais presque tout le corsage de la bonne femme de Villevieille. C'est moi qui ai donné la pose, etc. etc. Enfin-
Enfin... Après ma mort ces dames feront comme les collaborateurs (?!!!) de Dumas père. Chacune dira: c'est moi qui lui ai donné l'idée de ceci ! C'est moi qui l'ai aidée à exécuter cela !
Allez-y mes amis. Je suis donc bonne... car Villevieille ne peut m'être utile en rien...
Enfin.
Je ne peux pas modeler car je me suis donnée un grand coup sur le pouce il y a trois jours.
Et ça fait un mal horrible, la première heure surtout, mais je suis Spartiate, j'ai mis le doigt dans de l'Arnica et de la main gauche je me suis accompagnée sur l'orgue pour chanter Hérodiade. A propos d'Hérodiade c'est très beau mais tout ce qui est mélodie est très connu. Il a pillé deux mesures par-ci, une phrase par-là, une fin de page ailleurs.
A un point... Mais personne n'est épargné, la fille de Mme Angot, Offenbach, Aida, Wagner, et même des romances connues, le sonnet de Duprato.
Une superbe orchestration et quelques changements de rythme puis du remplissage. C'est tout de même fort beau, mais ce n'est pas loyal. Vous croyez que j'invente, étudiez la partition. Du reste d'autres ont été frappés comme moi.
Ce qui est adroit c'est de piller Offenbach etc. Il y a là des airs ravissants et jamais les gens sérieux ne croiront que le savant Massenet de l'institut... Enfin.