Deník Marie Bashkirtseff

Non, encore jamais...
Enfin, tout va mal, tout, tout, tout ! Il n'y a...
Vous savez quand tout va réellement très mal et quand ce n'est pas touchant ni poétique; quand il n'y a même pas contre qui s'indigner... On n'a pas le cœur de se plaindre.
Ainsi ce que je dirai, ce seront les choses les moins tristes; il y a que mon tableau n'est pas encore fini, c'est cruellement agaçant. Si c'est fini, il faudra partir pour un mois ou deux.
Ici tout traîne, il n'y a ni dates, ni époque fixe, ni nécessité d'aucune sorte. Un ennui immense, un travail somnolent, une disposition d'esprit vague ou désespérée...
Hélas je partirai mais ce sera comme la dame aux jambes maigres qui courent et que ses jambes suivent.. Car les tristesses vraiment horribles me suivront... Tout le reste pourrait s'arranger.
Monsieur Renan ne croit pas aux miracles, ni moi non plus, et j'en suis bien fâchée.