Mardi 20 mars 1883
Je vais donner mes numéros à Julian et nous causons plus d'une heure, de tout au monde.
— Seulement Monsieur, il faut nous résumer, jé le ferai en deux mots, tout ce que nous avons dit de Bastien, Saint Marceaux, Michel-Ange, le Pape, la philosophie, l'art se réduit à....
— N'achevez pas ! ... Mon tableau
— Tout juste !
L'essentiel c'est un bon numéro...
Et le soir je reçois une surprise adorable. Une lettre pour maman dans laquelle on lui dit que si elle ne paye pas pour son frère on usera de la publicité et de tout. Et que les lettres où elle promet de payer sont là. Ainsi !...
Chaque fois je n'y peux croire ! Et pourtant. Mais si vous saviez quelle lâche hyprocrisie !
Toujours elle dit: Ah ! c'était dans le temps, j'étais bête, j'étais folle, je ne connaissais pas le monde, mais à présent est-ce que je me mêle des affaires de cet homme ! Et comme cela des histoires au point de me convaincre... Et voilà !
Et toute cette boue est pour moi... Et aucun moyen d'en sortir. Aucun moyen de défense, aucun, aucun, aucun !
J'attrape une lettre, je fais une scène. Et après ? Je suis restée je ne sais combien de temps assise sur les marches de l'escalier assommée, désespérée, éperdue. Cet homme promet un tas de "désagréments" si on ne paie pas. Ce n'est pas de payer !!! Mais se mêler à cette saleté ! Avoir affaire à toutes ces infamies d'hôteliers, de créanciers, de cafetiers... de [Pages 136 à 140 du manuscrit arrachées]... et je les respecterais même car moi je crains Dieu, peut-être parce que... Comme les gens malheureux et les chiens trop battus qui ont peur de tout.