Mercredi 7 décembre 1881
Mme Gavini, sa cousine et sa niece sortent d'ici. Une [Mot noirci: soiree ?] passee en pleine Corse. Imaginez-vous que Berthe revient. Apres tous ses nauffrages. Non, je ne veux pas la voir, elle ne m'a jamais fait que du mal, elle est menteuse, mauvaise et pas meme amusante avec tout cela. Mais ce qui m'exaspere c'est ma maladie. Hier, l'horrible sous-Potain qui vient tous les jours, le grand homme ne pouvant se deranger que deux fois par semaine, donc l'ignoble sous-Potain m'a dit d'un air detache si je me preparais a voyager. Leur Midi ! Oh ! rien que cette idee me met [Mot noirci: toujours] en convulsions, je n'en ai pas dine et si Julian n'etait pas venu j'aurais pleure toute la soiree de rage. Eh bien non, tant pis, mais je n'irai pas dans leur Midi. Mourir alors, mourir ici, en pleine vie, bien portante, ma vie ici est une tombe mais malade je ne veux pas m'en aller et je sais que c'est presque indispensable mais cela me dechire, me desespere ! Encore les hotels, encore les wagons; ici je ne fais rien mais cela dure vingt jours, un mois, tandis que la-bas on nesait ou l'exil, loin de tout. Non, Non, Non ! Je crie non comme quelqu'un qui craint d'etre oblige de ceder, qui prevoit qu'il cedera.
Ah ! Que c'est horrible. Ah que c'est triste et que Dieu me persecute !
Il me semble que mon inaction, cette interruption de travail, il semble que demain tout cela remarchera, on... croit toujours que demain ce tourment va finir.
Tandis que si je... m'en allais ce serait avec la resignation de mourir devant la premiere borne du chemin.