Deník Marie Bashkirtseff

Bojidar toute la journee. Nous nous promenons au Bois... Sarah etant a Lille et Bojidar n'allant la rejoindre que demain. Nous l'avons. O ivresse. Je flatte sa manie et nous ne parlons que de la femme celebre. Ce satane Bojidar est tout de meme adroit, il a invente tout un roman, a l'age de huit ans, il va voir "Le passant" et s'evanouit en entendant Sarah, depuis ce moment il a une adoration pour elle. (Il n'y a pas deux ans il m'en disait des horreurs et il n'etait question de rien). Le voila installe chez elle, intime du fils; ca ne lui coute pas un sou. En hote il a loge chez elle et y dinait tous les jours, traite comme le fils a peu pres. Sans compter qu'il voit la tout ce qu'il y a de celebre,il a encore des billets de spectacle.
Aussi la princesse et son mari sont ravis; Mais il n'y a pas de danger que Bojidar fasse jamais des folies. Il est entrain de passer son droit tout en assistant aux premieres et en suivant Sarah dans ses tournees en province... Lorsque le voyage ne depasse pas deux ou trois heures de chemin de fer. Tres adroits. Les Karageorgevitch sont passes a Paris un peu comme nous, c'est-a-dire pas du tout. [Mots noircis: le pire] ne connaissant que quelques familles roumaines ou grecques...
Les fils vont dans quelques salons republicains et dans tous les salons etrangers-interlopes.
Chez Sarah Bernhardt cela vaudra mieux. Mais ils sont si... slaves ! La princesse n'a-t-elle pas demande a Andrieux, l'ancien prefet de police une place de secretaire ou d'attache a sa personne pour Alexis !
Ils ne comprennent pas du tout la vie et le monde, et meme vis-a-vis de ces republicains se sont poses en rien du tout etant princes Karageorgevitch.