Deník Marie Bashkirtseff

La Bailleul et la princesse à dîner; après quoi les six femmes causent au salon bleu.
Moi, très enragée, par les journaux qui parlent des fêtes qui se donnent de tous côtés.
Ô ma famille II! Comme la Bailleul a parlé de Multedo (elle est intime avec sa belle-mère) dont on cite la femme car elle est très jolie, ma famille pourrait croire que je regrette de ne pas avoir épousé ce monsieur comme il faut, bonapartiste, corse ou français, comte du pape (son père est marquis du roi d'Espagne) et pauvre comme Job. Aussi ne vais-je leur parler de rien ce soir, elles attribueraient ma mauvaise humeur à ce que je viens dire. Cela les peint et je n'ai rien à ajouter.
Mais s'il y avait quelque chose de bon maman me l'aurait déjà dit. Il n'y a rien et je suis folle d'espérer toujours un changement quelconque. Seulement ce qui me ferait crier jusqu'à en mourir c'est que ces gens-là sont tranquilles et semblent croire que cette existence est naturelle, qu'ils ne me doivent rien I! Mais ils s'inquiètent de ma santé et ce soir encore on m'a proposé d'aller en Espagne. Enfin II!... il n'y aurait rien à dire, c'est toujours la même chose II... Seulement cela soulage un peu de l'écrire et fait pleurer.