Deník Marie Bashkirtseff

Nous devions aller chez Saint Marceaux avec Mlle Graham, mais je ne l'avais pas prévenue, elle était absente, j'ai prévenu le grand homme qui nous attendait.
Ce soir Soutzo devait nous accompagner Graham et moi à une conférence d'Hubertine Auclert (l'apôtre des droits de la femme) mais cela n'a pas lieu et nous allons au Salon à huit heures où je rencontre Saint Marceaux.
Echange de banalités et je lui dis bêtement: vous ne venez jamais nous voir. - Je suis si occupé ! - Voyez-vous faire de ces reproches c'est stupide maintenant il va me semblé que Saint Marceaux sera ennuyé de me rencontrer. Non, voyez-vous il faut que j'arrive à quelque chose. Il faut que des hommes comme Saint Marceaux voient quelqu'un en moi. Attention, il ne me reste que quelques mois avant de faire mon Salon. Et moi qui pensais aller à Pétersbourg pour me marier ! Non, je reste ici, je travaille et ce n'est que l'hiver 1881-1882 que j'irai. Je n'aurai que vingt-trois, et pour le monde que vingt-deux. Que diable, cela pourra encore aller.
Oui, je reste et je travaille. Oh oui, oh oui. Vous allez voir cela. Me voilà bien, presque tout à fait bien, demain je reviens tout à fait à l’atelier.
Nervo est venu me croyant malade d’après le dire de Mme Gavini.