Deník Marie Bashkirtseff

Drames inutiles. Tout est arrangé, samedi on a reçu des dépêches rassurantes. Il n’y a rien de grave. Le père Bashkirtseff propose à Paul, dès que maman sera arrivée, d’aller demander la main de l’infante officiellement pour effacer le scandale.
Quant aux jeunes gens ils sont d'accord que si le carême passé (pendant lequel on ne peut se marier) ils ne sont pas mariés ou si les parents d'un côté ou de l'autre s'opposent à leur union ils vont tout simplement se faire périr. Comme Pyrame et Thisbé. C'est beau l'Amour.
Mademoiselle Florence Graham, une très comme il faut jeune fille de l’atelier vient travailler avec moi. Elle peint une nature morte pendant que je tripote mon tableau.
J’ai écrit à Tony pour qu’il vienne et j’ai très peur.
Berthe sort d’ici.
Hier Gaillard, les Mouzay et Soutzo ont dîné chez nous.
Soutzo a envoyé de superbes asperges entourées de fleurs. J’ai si peur de ce que dira Tony, il me semble que c’est si présomptueux à moi d'exposer bien que Julian ait dit que s’il n’y avait que des exposants de ma force ce serait bien heureux.
Il me semble que je serai anéantie de honte quand il viendra voir le tableau, je ne sais pas si j’oserai, pourtant je ne pourrai donc pas m’en aller s’il vient. C’est incroyable que ce soit moi qui dise cela et voyez pourtant ! Si je dirais cela tout haut on croirait que je blague.
Le Pur est arrivé. Nos dames l’ont rencontré hier aux Champs-Elysées. Mais mes idées poétiques sont passées.