Deník Marie Bashkirtseff

Tout en courant après le modèle Léonie, j'ai fait la connaisance de presque toute l'honorable famille Beaudoin. C’est du Zola pur, du Zola de Nana, du reste c’est ce nom là que je donne à Léonie. Une mélange de naïveté... étonnante. Pour le moment elle ne pose pas; je posais quand je ne savais pas ce que je faisais, ce n’est pas honnête de poser. Je suis dans un magasin de robes, cela ne m’amuse pas, allez mais il le veut.
Qui ça ?
Mon ami car je suis avec un Monsieur.
Et sa sœur me raconte qu’elle en est toquée surtout depuis qu’il la bat.
Ce soir à l'Opéra avec M. Mme Gavini, Mme et Mlle Dureau (loge Haussmann, pareille à celle de Casa-Riera) Chaudordy, Lahirle, Saint Amand, Haussmann. Je commence à aimer Haussmann, je ferai son portrait pour le prochain salon. La salle est très belle ce soir, “toute la société est là”. La reine d’Espagne nous lorgne. Mais Gavini m’accompagne au “Théâtre Français” où est ma famille et où l’on donne “Hernani” 50ème anniverssaire de la pièce, je prends Saint Amand avec nous, nous arrivons pour le 5ème acte. Sarah dit des vers de Coppée. On acclame le poète, Sarah, Hugo... c’est très beau mais public insignifiant.
Saint Amand est entrain de lancer la Suédoise de Cassagnac, Mme de Boje, présentée l’autre soir aux Affaires Etrangères et dont la beauté a fait sensation. Il doit y avoir erreur, ce ne doit pas être la même, [deux lignes cancellées]