Lundi, 20 octobre 1879
Hier nous avons eu à dîner Berthe et son mari, M. de Morgan, Bojidar et Miloradovitch. Ce dernier a raconté à maman les misères qu'on lui a faites à Gavronzi, le distingué Pacha et Michka Eristoff. Oh ! les canailles ! Heureusement que cela ne me faisait rien ! Et mon cher père donc ! Ce soir je ne lui ai presque pas parlé mais j'ai manoeuvré de façon à paraître très femme du monde et gracieuse pour tous. C'est je crois ce qui touche le plus ce petit imbécile.
Il a 300.000 francs de rente pour sûr et une position brillante, des parentés et des alliances très chic et malgré moi je voudrais bien faire sa conquête... Oh ! sans que cela me coûte un geste par exemple et... en somme je suis toujours du même avis, je crois que je l'accepterais... peut-être et je crois que cela me rendrait malheureuse.
Enfin, le Bon Dieu me garde sans doute une charmante surprise pour mes peines.