Jeudi, 14 août 1879
Nous avons vu M. de Plancy.
La journée se passe en promenades sur la plage et repas à l'hôtel.
Il arrive de nouvelles figures. Tout le monde connaît la vie de ces villes, je n'aurai donc à parler s'il survient quelque chose d'intéressant pour moi.
Cette bonne princesse est folle je crois. Bojidar a bien dit que depuis la mort de sa fille elle a le cerveau de travers.
J'ai manifesté le projet de me lever demain à cinq heures et d'aller peindre dehors et les deux garçons ont voulu m'accompagner, alors leur mère a dit qu'elle leur défendait de se lever de si bonne heure et qu'ils avaient depuis neuf heures du matin jusqu'à dix heures du soir pour s'amuser et qu'en se levant à cinq heures ils se tueraient.
Elles les croit filles et âgés de huit ans. Je crois vous avoir raconté qu'elle les enferme pour la nuit et Bojidar qui a dix-huit ans ou dix-neuf, couche dans sa chambre. Vous comprenez bien que je me moque de tout cela seulement je ne veux pas qu'elle pense que je considère ses enfants comme des messieurs et que je leur ferai faire des choses préjudiciables à leur santé. Ne trouvez-vous pas cela assez comique. Avec tout cela rien d'intéressant ne survient, rien ne vint rompre... mais cela m'est égal en somme. Dès demain je travaillerai. Les miens sont au casino. J'ai mieux aimer me reposer et rêver à mon aise d'autant plus qu'on entend d'ici un orchestre qui joue une sérénade à une maison voisine et de loin cette musique est charmante. Je vais commencer par m'endormir dans un fauteuil, tout en écoutant ces célestes harmonies et en respirant l'air si parfumé des villes du bord de la mer.