Jeudi, 31 juillet 1879
Madame de Lesseps est venue nous inviter à venir chez elle ce soir. M. de Lesseps est revenu dîner à Paris et repartira demain pour faire une conférence à Nancy pour les fêtes. C'est un homme véritablement prodigieux. Ce [Ce soir il] a valsé...
Berthe était avec nous, la pauvre enfant est restée dîner et comme je lui dis en plaisantant de venir chez les de Lesseps elle parut le désirer et demandait toujours si on ne trouverait pas cela excentrique. Son mari la renferme presque aussi ne songea-t-elle pas à rentrer pour s'habiller, je lui ai prêté tout depuis la robe jusqu'aux bas et nous sommes allées.
Cette femme-là n'est pas heureuse. C'est moi qui vous le dis. Son mari a ensorcelé Mme Boyd qui lui donne toujours raison, ils sortent toujours et passent leur temps ensemble et Berthe est toujours exclue.
Il n'y avait pas beaucoup de monde, les maîtres de la maison ont été absolument charmants pour nous mais ne connaissant presque personne, je me sentais mal à l'aise. Nous avons fait la connaissance de Mme de Givry et de sa fille. Mais la saison est peu favorable aux connaissances, tout le monde part. Je n'ai pas eu trop de succès et il faisait une chaleur ! Presque personne n'a dansé malgré M. de Lesseps qui tâchait de donner le mouvement.