Deník Marie Bashkirtseff

Ces excellents Karageorgevitch ont dîné chez nous et jusqu'à dix heures du soir on est resté chez moi admirant mes dessins, ébauches, squelette etc. Bojidar a enfin dansé une valse avec Amélie (le squelette) récompense que je lui devais pour avoir rangé mes livres.
Il fait très beau, je suis un peu fatiguée du bal d'hier. J'étais mise à ravir, et assez jolie, mais arrivées là nous ne connaissions pas une âme. M. de Plancy m'a tirée de mon coin où je me cachais, derrière un rideau, j'ai dansé avec lui puis est tout de suite venu le cotillon que j'ai dansé avec M. d'Hauteville et avec bien d'autres naturellement. En somme je crois que je me suis un peu amusée vers la fin quoique j'eusse entendu dire à la duchesse d'Abrantès qu'elle venait de Versailles... Quelle séance.. ! Je vous garde "le Figaro" et "la République Française".
Je suis fâchée de n'y avoir pas été... et le nom de Mme de Cassagnac m'a plongée dans un "océan" de sentiments divers.
L'article de "la République Française" me plaît, il est assez vrai et on peut facilement voir Cassagnac comme il y est montré. C'est égal.
Multedo est venu dans la journée et comme ma tante était sortie un instant du salon il me reparla de son dévouement, de son amour, et coetera. Alors je lui ai simplement et honnêtement dit qu'il ne subissait dans mon esprit ni hausse ni baisse étant un ami, un indifférent, [Mot cancéllé: agréable] très aimable et rien de plus.