Dimanche, 6 avril 1879
J'ai un petit chapeau du matin si comme il faut que je ne crains pas d'aller toute seule passer ma matinée au Louvre. Mais comme tout en étant distingué ce chapeau me va, je fais la conquête d'un jeune artiste qui me suit tout le temps et risque un coup de chapeau dans un corridor où il n'y a personne mais je n'ai rien vu et il en fut assez décontenancé.
Dans l'après-midi les deux salons ouverts et fort beaux ont le bonheur de recevoir la princesse Karageorgevitch et son mari, Mme Mavrocordato et ses filles, puis la mère Gavini et la Linsingen.
Le soir restée toute seule je m'exalte tellement en chantant que j'ai encore le cœur qui bat et les yeux qui brillent.
Voici un bout de journal mais cela ne m'a presque rien fait; si je le garde c'est par vanité, j'aime à prouver que je ne m'attaque [Barré: jamais] à rien d'incolore. Et puis ! que voulez-vous cet homme est tellement mon... mâle.
J'espère bien que vous comprenez le sens que je donne à cette expression, j'ajoute ceci pour la majorité qui est assez bête.
^4^ Vendredi soir, au cirque des Champs-Elysées, grande réunion électorale de près de six mille personnes pour la discussion des candidatures Binder, Godelle et Dalligny.
M. Paul de Cassagnac a obtenu un vrai succès oratoire en soutenant réciproquement à voter au second tour de scrutin pour celui des candidats qui aura réuni le plus de voies au premier.