Deník Marie Bashkirtseff

C'est aujourd'hui la dernière messe auprès du cercueil, le prête jette une pincée de terre sur le couvercle pour simuler l'enterrement et tout est dit.
Il y a eu les de Balorre, Mouzay, Barnola et quelques autres personnes que je n'ai pas bien vues dans ce souterrain. Je suis détestable... je me suis placée derrière maman, bien en vue, un peu de côté pour bien me montrer, bien droite en un mot j'ai fait Cassagnac. Déjà il y a six jours je me suis infligée une pénitence pour avoir pris trop de plaisir dans mon deuil.
Après, il a fallu promener maman dans les allées peu fréquentées du Bois, elle était très énervée; avant de rentrer nous avons rencontré Larderei.
- Je vais arrêter notre voiture et lui parler, dit maman, pour qu'il ne pense pas que nous lui faisions la cour quand il était garçon et qu'une fois marié...
Nous arrêtons donc et le Charmant accourt. Il est déjà en compagnie de marchands de chevaux, et un de ces matins nous allons le voir à cheval dans les Champs-Elysées et devant notre maison puisqu'il habite l'hôtel d'Albe. D'ailleurs il n'est pas plus marié que moi. Il y a eu sans doute des histoires à la suite desquelles il vient s'installer à Paris, il a quitté l'Italie, dit-il.
Pauvre chère comtesse, a-t-il dû lui causer des ennuis. Ce m'est bien égal, je suis aussi indifférente que possible.
Ce petit... non ne le dénigrons pas trop, à quoi bon. Ce que j'ai dit avant-hier je le répète. C'était un caprice et vous avez compris ce qu'il y aurait de bête à croire que je sois soumise à un pareil homme bien qu'il ne soit pas un imbécile. Enfin vous comprenez, je ne veux pas établir de comparaisons, il ne peut pas y en avoir. Le Défunt est unique et puis... il ne s'agit pas d'Amour, je n'aime pas le Défunt, j'aurais pu., si etc. C'est détestable ce verbe aimer ! Je n'ai même pas besoin de vous expliquer la différence de l'influence exercée sur moi par M. de Larderei ou par le Défunt. A moins d'être des crétins vous comprenez que toute comparaison n'est seulement pas une injure mais encore une absurdité.
Ce petit... non ne le dénigrons pas trop, à quoi bon. Ce que j'ai dit avant-hier je le répète. C'était un caprice et vous avez compris ce qu'il y aurait de bête à croire que je sois soumise à un pareil homme bien qu'il ne soit pas un imbécile. Enfin vous comprenez, je ne veux pas établir de comparaisons, il ne peut pas y en avoir. Le Défunt est unique et puis... il ne s'agit pas d'Amour, je n'aime pas le Défunt, j'aurais pu., si etc. C'est détestable ce verbe aimer ! Je n'ai même pas besoin de vous expliquer la différence de l'influence exercée sur moi par M. de Larderei ou par le Défunt. A moins d'être des crétins vous comprenez que toute comparaison n'est seulement pas une injure mais encore une absurdité.