Dimanche, 21 juillet 1878
Nous étions tous dans la salle, lorsque Mme Rembelinsky apparaît avec ma mandoline et ma guitare, il a fallu dire On dit que l'on te marie et jouer mes chansons napolitaines. Attendrissement général. Le Dr Tomachewsky prétend même qu'il faut avoir une égratignure au cœur pour chanter avec tant de sentiment. C'est amusant de faire pleurer les gens sans leur faire de mal.
Madame Gavini a fait ses adieux avec maman et m'a fait dire cent cinquante choses gentilles et aimables en ajoutant que Denis et elle sont entichés de moi. Pourvu que cela dure ! Je tiens à cet amour plus qu'à l'Amour d'un homme comme Multedo qui ne m'aime pas d'ailleurs.
Rosalie tout en passant, a compté mes ennemis : Marcuard, Multedo, Paul de Cassagnac. Tout le monde, dit-elle, tout le monde excepté vous, voyait pourquoi il venait et vous lui jouiez des farces ! je suis persuadée qu'il serait content de faire une affaire à raison de 70.000 francs. Peut-être même ne le nierait-il pas, c'est si naturel après tout !
Certes je ne pense pas à Multedo, eh bien j'en ai rêvé cette nuit et ce matin je reçois les vers que voici: ^6^ [Jeudi 18 juillet 1878] J'ai déponcé votre guitare Mais n'étant pas du tout avare, Je l'ai donnée à rajeunir ! Quand parviendrez-vous à chanter ? [...] J'ai défoncé votre guitare. Si la duchesse de Ferrare Fut cruelle pour Multedo, Ayez pitié de Multedo
Il ne m'a pas fait plaisir le galant chanteur, sa candidature est entachée de considérations pécuniaires. Les deux princes sont l'objet de toutes les plaisanteries à table et souvent ailleurs. Le petit Mitta (Dimitri) est venu raconter qu'ils sont sales parce qu'ils mettent leur doigt dans la bouche et puis le lèvent en l'air, comme les marins.
[//]: # (2025-08-22T10:00:00 RSR: Marie's musical performance moves her audience to tears, with Dr. Tomachewsky suggesting one needs "a scratch on the heart" to sing with such sentiment. Her cynical pleasure in "making people cry without harming them" shows her manipulation skills. Rosalie's retrospective insight about Marie's three "enemies" - Marcuard, Multedo, and Cassagnac - suggests Marie's pattern of playing "tricks" on men who court her. Multedo's elaborate comic poem about the broken guitar shows persistence and wit, though Marie dismisses his "candidacy" as financially motivated. The Hohenlohe princes become objects of crude gossip about their hygiene habits.