Deník Marie Bashkirtseff

Blanc ! tu n'as pas été violent avec la femme hongroise ? ! Je lui ai envoyé trois télégrammes ne contenant que ces mots.
Berthe vient toujours dessiner avec moi, et je suis de plus en plus fâchée pour sa bêtise de dimanche soir.
C'est-à-dire que cela nous a tout bonnement privées d'y aller tous les mois, et moi d'aller au bal de l'Opéra, à moitié inconnue, assez inconnue pour m'amuser beaucoup.
Ma tante lui a écrit pour lui demander des billets et l'invite à dîner samedi. Je raconte que je ne veux ni le voir, ni l'inviter et je dis peut-être vrai. Il m'empêche de travailler.
Croyez-vous que si je dormais plus de trois heures par nuit la semaine du concours, je serais placée comme je l'ai été ?
Nous devions toujours garder nos noms et nos masques, si ce n'avait été cette...
— Donne-moi un nom Paul.
— Celui que j'aime le mieux ?
— Oui.
— Suzanne.
— Alors c'est toi le vieillard ? demanda Mme de Daillens.
Je ne veux pas qu'on pense que mon bon frère me fait la cour, cela ferait filer tous les autres. Ce serait tout comme si M. Robert-Fleury venait concourir avec nous. Heureusement il n'est question d'aucune folie de ce genre.
Blanc ! tu n'a pas été violent avec la femme hongroise ?
C'est ma tante qui a inventé que Blanc avait la fonction de promener la femme hongroise et qu'après la promenade Cassagnac demandait : Blanc ! tu n'as pas été violent avec la femme hongroise ? !