Deník Marie Bashkirtseff

Pas de place convenable à l'atelier. Je suis horriblement agacée.
Salvini le célèbre tragédien italien est ici avec sa troupe, nous allons ce soir voir "Othello". Le plaisir de se trouver en face de la loge de l'ambassade italienne et au milieu d'un public à moitié italien et d'écouter cette belle langue si caressante et si terrible. Je suis pour les hommes qui étranglent, et je sais bien ce que vous allez répondre, vous direz que les Italiens n'étranglent pas mais empruntent de l'argent aux femmes, vous le direz parce que vous prenez pour type de toute une nation un voyou ou un misérable quelconque. Et en parlant d'hommes qui étranglent je ne veux pas dire rien que des Italiens .
Bien haut, bien haut étaient Maria, Breslau et Schaeppi. Nous nous lorgnons, saluons et sourions.
Comme cavalier Blanc invariablement capitaine de frégate ou colonel en retraite comme vous aimez mieux.
Ma tante lui monte une scie sur la femme hongroise qu'il a mission de promener parce que Paul n'a pas le temps.
Je continue toujours mes leçons d'anatomie et de harpe, le piano et la mandoline vont de pair et mercredi je commence la guitare en honneur de Carolus-Duran qui m'a charmée par ses chansons arabes.