Deník Marie Bashkirtseff

" Que la reine des violettes soit ici, je n'en doute pas. Mais quand pourrai-je être admis dans son royaume ???"
C'est à moi, bien à moi que Larderei écrivait ceci au moment même de son arrivée à Naples.
Et puis... Ah ! c'est trop long et vous savez comme moi cette dégringolade absurde.
... Enfin !
Les robes vont mal et ça m'embête !
Nous étions chez le fameux tireur de cartes Edmond. Il a été exilé pour une prédiction à l'Empereur, et en un mot, c'est l'homme sérieux parmi les siens.
Il m'a tiré les cartes, a calculé, combiné, pensé, et finit par me déclarer qu'il n'y pouvait rien distinguer, que c'était un chaos. Détail curieux : il n'a pas accepté d'argent.
Comme nous dînions au restaurant, Soria est entré, on a dîné ensemble après quoi on passa dans le salon où il n'y avait personne. Soria a chanté, j'ai joué de la mandoline et comme ça jusqu'à dix heures du soir. Le monsieur n'a pas précisément les manières du grand siècle, mais il chante si bien, et puis on dit qu'il est si beau. Dans tous les cas c'est agréable de faire de la musique avec lui.
Je ne sais où aller depuis [Mot cancellé] qu'on a admis Rome sans changement, c'est insupportable ! Je pensais Rome comme avant impossible, et il y avait ça de bon qu'on restait à Paris sans hésiter. Et maintenant...
Ce qui me retiendrait ici c'est l'atelier Julian et aussi la possibilité (?) d'aller aux bals de la Présidence. Tandis que là il n'y a pas de bals à l'horizon.
Je voudrais être aux carnavals de Rome, de Naples et de Milan. Milan est après les autres, mais Rome et Naples en même temps. Comment faire ?
Je crois que le plus sage serait de rester à Paris en attendant quelque chose pour Rome, si ce quelque chose ne venait pas, on n'irait en Italie que pour le carnaval et à Naples où nous avons des amis. C'est le parti le plus sage, le seul possible. Auquel il faut s'arrêter. A Naples on peut se créer des relations.