Vendredi 13 juillet 1877
Nous continuons nos recherches d'hôtels. Entre autres nous visitons celui de la duchesse Riario Sforza, née Berryer. Les blasons et les portraits d'ancêtres papes et cardinaux m'ont éblouie et fascinée... Je me suis interrompue pour lire une phrase dans "Jocelyn", j'en ai lu trois pages étant tombée à l'endroit où Jocelyn revoit Laurence, et j'ai toutes les idées retournées. On ne sait trop ce que c'est, ce n'est pas Alexandre pour sûr, c'est plutôt Rome, notre sombre balcon, la pluie et Antonelli se sauvant exaspéré par mes taquineries le soir du concert. Mais non, ce n'est pas encore cela, car si j'étais aimée, je n'aimais pas. Mais alors... quoi ?!Non, écoutez, c'est mal de faire des Jocelyn ! M. de Lamartine s'en fichait peut-être, mais il y a des honnêtes gens à qui ce martyr raconté si divinement fait saigner le cœur et pleurer les yeux !
Blanc a passé au moins une heure et demie chez nous. Je ne puis m'expliquer pourquoi il évite si visiblement de parler de Cassagnac. Je parie que mon père y a mis du sien. Cela vous semble impossible, hideux, n'est-ce pas ? C'est que vous ne le connaissez pas ! Il est capable d'avoir, avec l'air des meilleures intentions du monde, insinué diable sait quoi à Cassagnac.
D'ailleurs j'ai fait connaissance avec l'intéressant mulâtre un lundi.
Rosalie a rencontré ce soir le courrier du prince de Prusse, celui qui est si souvent venu nous apporter des bouquets et des messages de Doenhoff. Ils ont reparlé de ce dernier et de M. de Larderei, qui ont passé pour mourir d'amour pour moi au point qu'on discutait dans les offices, les chances de l'un et de l'autre.