Deník Marie Bashkirtseff

Quel reve ! J'ai vu Audiffret, comme l'autre reve en ete, nos joues se touchaient puis j'ai vu mon pied nu sur le genou du Surprenant. C'est mauvais signe.
J'etais en ville pour mille choses, pour mes chambres, apres quoi j'etais chez maman et, au lieu de pleurer, j'ai ri, je priais de me mener au Cercle, je me mettais la figure contre le mur, je gemissais et puis me retournais en eclatant de rire. La face contre le mur, et frapper du pied sur le plancher, c'est la facon du Surprenant, c'est pour cela que ca me plait et que je le fais.
Je suis presque jolie et a la Promenade nous voyons Audiffret. Je me suis sentie mal a l'aise en le voyant, cette chose d'hier a ete stupide.
Enfin le soir grande assemblee, grande conversation. On decide d'aller a Rome, et puis si a Rome il n'y aura rien, chez mon pere, car il faut en finir. Je l'exige, je le veux, je n'en peux plus.
Il va sans dire que j'attends et surtout desire cette invitation, et il va sans dire aussi que je la recois pas. A dix heures je laisse notre assemblee, on avait assez parle de tout et d'Audiffret en particulier, on a analyse sa conduite depuis le commencement et ma tante a dit qu'il fallait refuser alors de le connaitre.
- Et a present, s'ecria Dina, Marie voudrait le connaitre et on ne le pourrait plus !
- Ah ! ha ! fit ma tante, cent fois plus facilement encore, et comme il s'interesserait, et comme il courrait, et comme, sans qu'on le lui demande, il apporterait toutes les invitations de la terre.
Et comme je suis de l'avis de ma tante. Mais ce qui est est fait est. Pouvait-on prevoir ?
Mais n'est-ce pas un devoir d'envoyer une invitation de ce cercle, lui qui en est, qui nous connait !
Ah ! mon Dieu, laissons tout cela, je ne peux pas ecrire ce soir, je ne comprends rien.