Jeudi, 18 février 1875
Même froid qu'hier, même robe. A la musique, puis chez les Sapogenikoff, ils ont des peurs atroces dans leur maison, ils s'imaginent des esprits, des revenants et Horne les a enfermés dans ces idées disant que cette maison est effectivement attaquée par des esprits. C'est au point que Marie s'est sentie embrassée par un de ces êtres, je ne jurerais pas que ce n'ait été Cima qui ait pris pour ce moment la forme de l'esprit.
Enfin telle que l'on me voit je suis au désespoir. Depuis trois ans je martelle maman et ma tante et toujours elles me répondaient que quand je serai grande tout sera comme je le désire. Eh bien me voilà grande, et rien n'est changé, si fait mais pour le pire.
Bien véritablement je n'ai l'espoir qu'en vous, mon Dieu, ayez donc pitié de moi, par charité.
Pour toutes choses je lutte, lutte éternelle contre l'indulgence, l'imbéciiité, l'engourdissement l'insouciance. Heureusement que Dieu me soutient, mais souvent je sens les forces m'abandonner et n'ai plus le courage de continuer à soutenir cette guerre plus terrible que celle de sept ans.
O mon Dieu ! Protégez et soutenez-moi. Je suis indigne mais je Vous en supplie.
O faites que ma vie s'arrange.
Faites cesser mes inquiétudes et mon tourment ! Mon Dieu Vous voyez que je n'ai d'espoir qu'en Vous puisque je vous prie, car tels sont Vos indignes créatures qu'au lieu de s'adresser à Vous tout d'abord elles ne le font qu'après avoir demandé secours à leurs ignobles semblables.
Pardonnez, pardonnez-moi, ne me punissez pas pour mes méfaits volontaires et involontaires. Mon Dieu, entendez ma prière et acceptez ma foi, mon amour et mon humiliation.