Mercredi, 2 septembre 1874
J'ai le mal du pays, je veux retourner à Nice. Je suis lasse de cette existence. Je suis si bien à Nice, (je n'ai pas dit nous). Je veux revoir la Promenade, ma chère Promenade, notre villa, les pluies d octobre, la place Masséna, les quais, le jardin public, le London House et tout enfin. Je ressens un plaisir extrême à m'y figurer moi-même.
J'espère que je reverrai ces chers endroits désirés. Maintenant je vais à Londres pour ne pas à Nice me fondre.
Bien que là ce soit bien. Mais il fait encore trop chaud.
Le comte vient et s'en va. Je vais avec ma tante à l'estacade. Je m'ennuie beaucoup à Ostende.
Au Kursaal nous restons jusqu'au dîner avec Basilévitch Merjeewsky et le long nez.
Ce soir concert (robe blanche Worth, ma coiffure, bien) L'aspect de la salle est désolant, nous nous plaçons au premier rang des fauteuils réservés par personnefs] désiréfejs La société d'ici est trop mal choisie vraiment. Nous sommes les seules élégantes.
Les trois vilaines Polonaises, Viviani, Merjeewsky et encore une Vineyteka me foudroient. Je ris. Le concert est magnifique mais il n'y a personne.
Il y avait l'Anglais si blanc avec, je suppose, la sœur et la nièce du grand Doria.
Nous retournons escortées par le petit jeune homme. Je l'envoie me chercher des gâteaux aux cerises, à cause de cela il a le bonheur de rester une demi-heure chez nous, je le traite fort mal mais je suis sûre de lui. Je bavarde devant lui comme s'il n'y avait personne. - He is of no consequence .-
Walitsky est devenu complètement poète, excepté les charmantes poésies qu'il envoie à Makaroff et le rend fou par des lettres d'Agareff, il a composé ceci ce qui prouve combien et comment on s'occupe et on parle de Doria chez nous.
- *Je vous raconte l'histoire
De Doria Pamphilii
C'est une mauvaise sangsue
Un tueur des âmes féminines
Il est immense
Long, de belle taille
Son regard pénétrant
Engendre des querelles chez les femmes.
Voici le reste:
Le charmant personnage
La sotte Tcherniakovskaïa
Mouchka Bashkirtseff
Douchka Merjeevsky
Ayant vu Doria
Provoque de l'hystérie dans la maison
Traite tout le monde d'imbécile
Crie, se bat à coups de pieds
Et il n'y a de salut
Que quand on les conduit à de mer
Et les asseoient avec Doria et Body
Sur un banc à l'estacade.
Voici le reste.
[Le reste de la poésie en douze vers en russe est pratiquement illisible.]