Journal de Marie Bashkirtseff

Je suis enragée. Les Canrobert ne me lâcheront pas tant que je ne leur ferai un tableau pour Claire. C'est dégoûtant mais j'ai commis cette faiblesse l'année dernière.
Oh ! ils ne me le demanderont pas carrément, mais ils m'enverront Claire qui m'empêchera de travailler. C'est la rage au cœur que je me décide de leur donner sept jours maintenant !
Si je ne le leur fait pas je n'aurai pas la paix cet hiver. Claire sera toujours là. Et comment s'en défaire. Mais leur tableau fait je m'en débarrasserai facilement. C'est tout de même ignoble et dégoûtant.
Et c'est ma faute ! Il n'y a plus qu'à se brouiller ou à s'exécuter.
C'est rageant, rageant, rageant.
Et mon tableau qui est esquissé, les modèles trouvés. Je cours depuis cinq heures du matin à la Villette et aux Batingolles, Rosalie aborde les gens que je lui désigne. Allez ce n'est pas facile ni commode.