Idem. C'est magnifique.
On a apporté la toile et j'ai esquissé les lutteurs.
L'ensemble y est. C'est très amusant.
Il paraît que nous aurons le choléra. Il est déjà à Toulon. Ce sont ces infâmes canailles d'anglais qui pour des intérêts d'argent font mourir des milliers d'hommes. Pour un peuple dénué de toutes les qualités sympathiques ça en est un. Ils sont sages et repoussants. Egoïstes, traîtres et lâches.
Voyez l'histoire.
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Plus de huit mille personnes ont quitté Toulon; une bonne part vient à Paris par le train de ce matin. C'est bien agréable pour Paris.
Il paraît qu'à la Chambre ils étaient si émus que la question Egyptienne ne passionnait plus personne.
Ah ! l'homme est intéressant à étudier quand il redevient tout à fait naturel, en face d'une question de vie ou de mort. Tout le monde redevient primitif et Jules Ferry aura un regard pareil à celui de mon petit modèle âgé de six ans.
Les voyez-vous ces animaux en redignote et en veston allant demander des explications au ministre de la marine ? Voyez-vous ce troupeau ? Troupeau destiné à crever un jour ou l'autre et qui en a conscience et qui s'agite tout de même ! A quoi bon ? Nous mourons tous, quoique nous fassions, comme dit Maupassant dont je n'ai plus de nouvelles. Pourquoi ?
Il s'est fâché, ma lettre lui a peut-être paru trop moqueuse.
Nous savons que nous mourons tous, que nul n'y échappe et nous avons le courage de vivre sous cette affreuse menace !
N'est-ce pas cette terreur de la fin, de ne plus être qui pousse certains hommes à laisser quelque chose derrière eux ? Oui, ceux qui ont conscience de cette fin inévitable en ont horreur et veulent se survivre... Cet instinct n'est-il pas une preuve qu'il y a une... ou que nous désirerions une immortalité ?! Oh ! Finir !! Oh ! Diisparaître ! Et d'autres viendront après... N'ai-je pas voulu mourir l'année dernière parce que je ne laisserai pas un nom pareil à celui de Michel-Ange.