Journal de Marie Bashkirtseff

On se prépare à la solennité de ce soir en silence.
Voici ma robe en mousseline de soie blanche; le corsage formé de deux draperies croisées, est noué sur les épaules [Mots noircis: par les bouts de ces mêmes] draperies. La manche est courte et formée également d'un bout de mousseline nouée. Une très large ceinture de satin blanc à bouts flottants derrière. La jupe est faite d'une draperie de gauche à droite qui tombe jusqu'aux pieds. Derrière il y a deux lais de mousseline double froncés, l'un tombant droit jusqu'à terre, l'autre plus court.
Rien dans les cheveux. Des souliers blancs unis.
L'ensemble est d'une innocence parfaite. Il faut avec cela une coiffure à la Psyché. Je crois que la robe est excessivement gracieuse. La draperie du devant est un rêve. C'est si simple et si délicat que je devrais bien être jolie.
Maman aura une robe de damas noir couvert de jais, une traîne très longue et des diamants.