Le portrait avance peu, la tête a été repeinte deux fois... C'est parce que d'abord on m'a énervée et ensuite... Vous croirez peut-être que Jules [Mot noirci: à mon] travail. Erreur. Je ne pense à ses frivolité qu'à dîner et encore c'est très mélangé de peinture.
Du reste hier j'ai rêvé comment il fallait peindre cette tête et dans la journée j'ai fait ce que j'avais vu en rêve et le rêve a raison... Seulement c'est encore à refaire...
C'et aujourd'hui le vernissage de ('Exposition de l'Union des femmes peintres et sculpteurs.
Mme Berteaux est venue l'autre jour me demander des tableaux et j'ai donné le paysage (une allée de l'île de la Grande Jatte par un temps de brouillard, des feuilles sèches et la terre humide). Les portraits de Dina au pastel et de Jacques à l'huile.
Et trois têtes dans un même cadre. Un bébé qui sourit, une fillette qui rit et Armandine qui éclate de rire. Il y a des Breslau pas mal mais rien de saillant.
Je suis très bien placée mais pas sur la cimaise, la cimaise est très basse et mes toiles quoique au dessus de petits tableaux sont sous le nez du public, bien placées en somme mais pas sur la cimaise.
C'est un manque de déférence et le résultat de leur petite cuisine, ce groupe de vieilles femmes qui sont une quinzaine et qui ont fondé cela. Je suis décidée à être pleine de... dignité [Mots noircis de perdre] la bienveillance de ces dames m'en fichant absolument je viens d'adresser cette lettre quelque peu auvergnate à la Présidente Berteaux.
Madame, Comme vous le savez j'avais trois tableaux au dernier Salon dont un pastel. Deux de ces trois choses ont été placées sur la cimaise. Ensuite j'ai été récompensée par le Jury. Il me semble donc que je pouvais espérer plus d'égard à votre expostion où j'ai envoyé des toiles que des artistes trop indulgents probablement mais très sérieux et très honnêtes avaient trouvées bonnes.
On est toujours ridicule lorsqu'on est orgueilleux, pourtant la modestie ne doit pas exclure la dignité et la façon dont je suis placée me surprend, je l'avoue, ignorante comme je le suis des petites combinaisons des expositions particulières.
Je suis du reste presque certaine que c'est le résultat d'une erreur, dans le cas où je me serais trompée il me resterait la douloureuse conviction que mon faible mérite ne me permettra plus désormais de figurer au milieu de tant d'oeuvres dont je saisis parfaitement la grande valeur.
Agréez, etc. etc.
Je suis juste et autant le portrait de Jacques me déplaît, autant mes autres envois devraient être placés avec de grands honneurs, car sauf Breslau, moi, Feurgard et une paysagiste nommée Kellend, tout le reste c'est des horreurs ou peu s'en faut.
Enfin.
Ce soir opéra italien, Hérodiade.
Dîna, moi, ma tante et comme hommes: Alexis, Bagnitsky, Zuccarini, Morgan, Pavon, Missak, etc.