Nous allons à cheval à Paris, en sorte d'arriver au Bois vers onze heures, le traverser, déjeuner rue Ampère, faire manger les chevaux et revenir à Jouy à cinq heures. Et puis après ? Est-ce que ça m'amuse ? Mais pas du tout. Et surtout montant sur une selle étrangère, et une course pareille n'ayant plus l'habitude, l'entrainement.
On est bête, on le fait tout de même, on a un corset trop long qui vous blesse [Rayé: et l'on a] une amazone d'il y a trois ans qui n'a pas pris ni votre forme, [Rayé: enfin c'est bête] qu'on a mis dix fois à peine à des intervalles trop long.
Et traverser le Bois arrangé ainsi... Espérons que ce n'était tout de même pas trop laid... Enfin.
J'aimerais bien mieux peindre. La campagne en cette saison est merveilleuse... En passant rendons hommage à Bastien, plus on regarde la nature plus on l'admire, il est prodigieux. Tout en courant à cheval j'ai vu un beau potager et là une femme avec une robe... les tons de l'Amour au village... qui commence à me sembler un chef d'œuvre... Non, sans doute devant ces toiles vous resterez d'abord surpris, vous habitant des villes ou simplement homme manquant d'observation, cela vous paraît gris... Mais regardez bien la nature et isolé le morceau à peindre, vous verrez que c'est admirablement juste et c'est une qualité qui permet de s'adonner complètement à la signification intellectuelle de l'œuvre. Car je veux moi que mes sentiments ne soient pas arrêtés par des infirmités de brosse.
Que vous dirai-je encore ? Toutes mes réflexions se termineront toujours par un acte d'adoration envers ce grand artiste, ce grand poète. Mon Dieu, cela explique l'impression de l'autre soir... On l'admire tant, tant, qu'on va jusqu'à...
Il vaudrait mieux moi-même avoir du talent. Je viens de voir un tableau... Je voudrais le faire ici, l'enlever en un mois pas plus longtemps.