Journal de Marie Bashkirtseff

Ainsi je vais désormais être moins que n'importe qui, incomplète, infirme... J'aurai besoin de la complaisance et de la complicité des miens, de la délicatesse des étrangers. L'indépendance, la liberté tout cela est fini.
Moi si fière, il me faudra rougir et me défier de moi à chaque instant. J'écris ceci pour m'en pénétrer mais je n'y crois pas encore. C'est tellement horrible, mais je ne me rends pas encore compte, c'est si cruel, si incroyable...
La vue de ma figure fraîche et rose dans une glace me remplit de pitié... Oui, tout le monde le sait ou va le savoir, tous ceux qui étaient déjà si heureux de me décrier... Elle est sourde...