Journal de Marie Bashkirtseff

Ils sont arrivés, ils ont été chez maman qui les trouve charmants et me le télégraphie. Je partirai dimanche à huit heures du soir... A moins que je change d'avis.
J'avais modèle le soir et j'ai eu la bêtise de laisser entrer Saint Amand. Inutile de dire que je n'ai pas pu travailler et il fallait le voir, mais c'est qu'il était tout à fait exalté et a essayer de pincer cette pauvre fille que j'avais enveloppée à la hâte d'une draperie, sans cela !
Non d'abord il ne faut jamais laisser entrer personne, pour ceux qui ne sont pas habitués à la nudité cela doit paraître plus que drôle. Elle posait derrière un paravent, qu'est-ce ce serait s'il l'avait vue nue ! On dit qu'il est moins qu'un homme, pourtant l'idée seule qu'il y avait une femme nue derrière ce paravant lui avait changé la voix et les yeux... Zola ou es-tu ? C'est ignoble...