Mardi 3 mai 1881
Au salon avec Gabriel mais c'est très agaçant d'avoir ma tante sur les talons, on dit qu'il est facile de se perdre, pas quand on veut toujours. J'ai essayé dix fois et impossible. Ma tante suit pas à pas, maman lâche avec complaisance, je déteste l'une et l'autre manière... Ma famille est agaçante. Nous nous amusons à louer un tableau qu'un monsieur décoré et à l'air connaisseur trouvait atroce tout haut, il est parti en nous lançant un regard de mépris. A quatre heures et demie nous nous quitons, je rentre. Gabriel part demain, j'en suis fâchée pendant vingt minutes.
Mais je lui en veux... c'est-à-dire non, mais il doit bien savoir comment nous sommes et cela m'humilie. On regarde mon tableau, je le constate avec surprise.
Et dire que j'avais une voix qui pouvait faire la fortune d'une femme et que non seulement je l'ai perdue ! Mais que...