Jeudi 17 février 1881
Je suis allée voir Rosita qui revenue d'Espagne a été plusieurs fois chez moi. Naturellement on parle des soirées et des bals qui commencent... Je suis très humiliée de n'aller nulle part et me retranche derrière mon tableau. C'est triste et humiliant ce désir bête des plaisirs mondains de mon âge. La musique de Paul et Virginie me donne envie de pleurer... Massé a magnifiquement compris le poème, bien que je n'ai rien eu qui ressemble à ce roman unique il a le don de m'émouvoir toujours... et surtout comme ce soir où je me dis que ma jeunesse est perdue et que je suis morte.
Je viens de m'habiller comme pour une soirée et de me promener devant les glaces, très éclairées. Je n'ai rien perdu et suis très bien en forme I! J'ai peut-être engraissé avec ces laits d'ânesse et autres qu'on me fait prendre. Je n'ose plus comme à seize ans à Nice, m'extasier sur mon corps, je n'ai plus la naïveté qui me le faisait dire tout naturellement, et mes études artistiques m'ont donné l'occasion de voir bien du nu et je puis je crois bien juger. Je n'ai pas changé d'avis sur moi. Un éblouissement comme couleur, le col trop court, les hanches et le...reste très forts; les pieds et les mains petits mais irréguliers quoiqu'intelligents. Voilà les critiques.